exemples+konzepte Coopérer, se Comprendre, se Rencontrer

Petit lexique de la pédagogie
de l'échange et de la rencontre

sommaire

Projet (pédagogie du projet, structure d'enseignement sur projet)

En plaçant au centre de ses préoccupations l'approche thématique selon différents modes d'appréhension et de traitement, la pédagogie de l'échange relève de " la pédagogie du projet " et partage avec celle-ci les caractéristiques suivantes : prédominance des méthodes actives, forte implication des élèves (cf. centration sur l’apprenant *) au-delà du découpage habituel en disciplines au sein d'une approche tout à la fois plus globalisante et plus concrète de l'objet d'étude, importance de l'interaction entre élèves, de la gestion coopérative de l'apprentissage, etc.

Si la définition de ce type de pédagogie ne pose pas de problème d'un pays à l'autre, en revanche sa mise en pratique fait souvent appel à des traditions et des structures différentes. Elle a pris des formes qui varient très nettement selon les systèmes d'enseignement nationaux.

En France, la structure qui s’est implantée historiquement est celle du Projet d'Action Educative (P.A.E.). Même s'il existe un ensemble considérable de P.A.E. ayant chacun leur marque particulière, ils ont cependant pour trait commun et pour intention déclarée d'associer un maximum d'élèves à des travaux concernant un thème de recherche commun. Le fait d'associer le plus grand nombre possible de disciplines d'enseignement permet d'en baliser le champ et de multiplier les recoupements. Il est intégré au temps d'enseignement et peut aller jusqu'à couvrir 10 % de celui-ci. En plus, il bénéficie d'un appui financier. (cf. autonomie de l’établissement *).

En Allemagne et dans les différents " Länder ", on trouve, d'une part, des projets interdisciplinaires, et d'autre part, ce qu'on appelle des " Projektwochen " (semaines de projet) et des " Projekttage " (journées de projet) dans certains cas. Ces semaines de projet, qui sont implantées de façon variable, sont des semaines banalisées. Elles concernent des activités qui n'ont officiellement rien ou peu à voir avec les disciplines d'enseignement, regroupant les élèves en groupes d'affinités.

Cette simple esquisse des modalités d'implantation de la pédagogie du projet dans des systèmes scolaires différents laisse entrevoir les difficultés qui peuvent surgir de la mise en rapport à des fins de coopération. Tant pour ce qui est de la façon dont elle est intégrée que pour ce qui est de la philosophie éducative qui la sous-tend.

Un exemple :
Le cas le plus net a été celui de la coopération entre un PAE d'un collège dijonnais et des " Arbeitsgemeinschaften " (activités facultatives (situées) en dehors des heures de cours obligatoires) d'un établissement de type " Gymnasium " (lycée 1er et 2ème cycles) du Nord de la Hesse (cf.
le projet Dijon-Frankenberg et groupes d'apprenants *).

Deux types de problèmes sont apparus :

  1. La nécessité pour les enseignants de se comprendre, c'est-à-dire d'établir des correspondances, des passerelles entre systèmes éducatifs et structures institutionnelles. Même si tous étaient grosso modo d'accord sur les objectifs généraux et les méthodes d'une pédagogie du projet, chacun devait l'envisager à partir de son contexte et de ses modalités particulières. Par exemple, la notion de lutte contre l'échec scolaire n'a pas le même sens, s'il n'y a plus qu'un type d'établissement scolaire du premier cycle secondaire, comme en France le collège - ou s'il existe encore plusieurs types d'établissement comme en Allemagne où se maintient la distinction entre " Hauptschule ", établissement (de) " primaire long ", " Realschule " comparable aux anciens collèges d'enseignement généraux (CEG) ou d'enseignement secondaire (CES) et " Gymnasium ", lycée " traditionnel " concernant le secondaire long (de 10 à 18 ans), avec en plus un collège unique, la " Gesamtschule " qui n'a pas pu s'imposer comme établissement, intégrant les anciens types.
  2. Dans une perspective d'échange de productions, les élèves allemands souhaitent pouvoir établir des liens personnels avec un groupe restreint, ce qui est très difficile quand il s'agit d'un P.A.E. soucieux d'associer un maximum d'élèves. En revanche, il faut concéder que le P.A.E., dans la mesure où il s'adresse à un grand nombre d'élèves, assure aussi une plus grande publicité au travail qui se fait, y associe des élèves très différents pour qui le pays étranger resterait sinon parfaitement inaccessible et qui ne se sentiraient pas concernés par celui-ci. A long terme, cela peut même influencer le choix des langues étrangères.

retour

F E R M E R

Publicite