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Les Projets
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Description analytique Le theme de travail Comme nous lavons indiqué plus haut, nous avions demblée proposé de travailler sur un thème commun. Le thème choisi la première année était " Moi, mon quartier, ma ville ". Il était dicté par deux raisons :
Ce sujet a été bien perçu par les élèves, même si de grosses difficultés sont apparues dans la mesure où la constitution et le fonctionnement des groupes de part et dautre étaient très différents (cf. recrutement des élèves et groupe(s) de référence). Elles ne tenaient cependant pas au thème en tant que tel mais au fait que le choix dun thème commun suppose un déroulement parallèle dans la phase qui précède la rencontre et donc une concertation renforcée et constante. Pour la rencontre en tiers-lieu, iI ny avait en outre aucun lien entre le lieu et le thème et donc aucune possibilité de se " rattraper " en effectuant des recherches sur place qui nauraient pu être faites auparavant et/ou dexploiter les ressources du lieu à des fins thématiques. Le groupe de la ERS II, spécialement constitué pour ce projet et regroupant les élèves de plusieurs classes mais dune même catégorie dâge, avait procédé pendant tout un semestre à un travail sérieux de préparation au thème de la rencontre (recherches systématiques sur le quartier sous forme dun reportage photographique). Il est donc arrivé à Strasbourg avec toutes ses productions dans lattente légitime de pouvoir poursuivre ce travail avec son groupe-partenaire supposé avoir fait un travail semblable. Les partenaires navaient malheureusement fait que collectionner en dernière minute des prospectus touristiques ! La rencontre de 1994 à Elbtal avait pour thème " Des envoyés de tous les pays se rencontrent au château ", première référence explicite au lieu dans le choix du thème. Malheureusement, ce qui avait été prévu na pu être réalisé que très partiellement par manque de préparation (manque de costumes, de recettes des pays dorigine et de symboles divers représentant ceux-ci). Dautre part, le sujet navait pas de rapports apparents avec le pays dorigine et les connaissances que les élèves en avaient. Dautre part les enseignants eux-mêmes navaient pas suffisamment " accroché ". Cette expérience a amené certains constats :
Le projet de 1995 à Buoux, dans le Lubéron, marque un tournant et constituera par la suite une référence positive. Les raisons tiennent à différents facteurs positifs qui sont autant de conditions de réussite (cf. les autres catégories : préparation, accueil, coordination/concertation, équipe pédagogique, groupes délèves, etc.) Pour ce qui est du thème, il reprend ce qui a été dit précédemment tout en y ajoutant un élément décisif : il sagit dun château inachevé, resté à létat débauche. Il incite donc par ce côté à finir, à compléter, à inventer. Le lieu même incarne donc ce qui est à la base de cette pédagogie : celle dune dialogique avec le lieu, du besoin de remplir les trous, dinvestir lendroit. Ceci est renforcé par le caractère mystérieux de certaines pierres dont on ne sexplique ni lorigine, ni la fonction qui constitueront une sorte de leit motiv de la rencontre. Lannée suivante, en 1996, à Sargenroth, le thème était celui de " Jean léquarisseur / Schinderhannes " et avait été en partie dicté par lhistorie du lieu. Il sagit dune sorte de bandit de grands chemins mais au grand coeur et donc dune question sociale et historique. Cas unique dans lhistoire de cette collaboration, il sagit dun personnage historique. Ceci a donc permis de travailler dans le sens dune dramatisation, par lélaboration de personnages, dinvention de vie, (reconstitution imaginaire de sa biographie) et de mise en scène (décors, costumes). Les différents éléments (en partie préparés avant la rencontre) ont pu sintégrer dans un spectacle qui a surpris par sa grande qualité. Le choix dune île, celle des Îles du Frioul dans la rade de Marseille, en 1997 marque aussi une innovation : un lieu qui de par sa nature même se prête à la rencontre dans un contexte soustrait au monde (le continent), isolé et isolable et aussi à lexploration dans tous ses replis (territoire limité) et à la découverte. Ce qui explique que léquipe pédagogique (et non les élèves) ait choisi comme thème celui dune rencontre de sociétés, de groupes dans un territoire où les uns seraient chez eux, les " autochtones " et les autres, les " étrangers ", débarqueraient. Aux yeux des enseignants pour la plupart déjà longuement impliqués dans ce travail et ayant fait une évaluation sérieuse, un tel thème simposait en quelque sorte : la question de la migration et de la rencontre des cultures était le thème implicite de tout ce travail et lîle, le lieu-symbole dune société à inventer. Un important travail de préparation a eu lieu pendant lequel le thème a été structuré et transposé en un dispositif de travail. Il na toutefois pas eu lécho quon pouvait en attendre, même si cela nest vraisemblablement pas à mettre au compte dun mauvais choix thématique (cf. équipe pédagogique, raisons particulières). Cela montre simplement quil ne faut pas surestimer le rôle que peut jouer le thème dans les processus complexes quimplique la rencontre. En 1998, là encore, cest la nature du lieu qui a dicté le choix du thème : un village médiéval, situé à 30 km au sud de Darmstadt. Même si la découverte de ce lieu ne procédait nullement dune recherche systématique. Cest en fait, comme bien souvent, des effets de hasard (disponibilité dun lieu à une certaine période, problèmes des dates possibles de rencontre entre deux calendriers scolaires, etc) et nécessité dorganisation (éloignement, accessibilité, coûts, etc.) qui entraînent ce choix. Il est intéressant de souligner toutefois que le mot " médiéval " a déclenché chez les intervenants extérieurs (danseur et musicien) une recherche sur les activités possibles avant et pendant la rencontre. Ceci a amené de fait un approfondissement thématique que les enseignants de léquipe nenvisageaient pas comme tel au départ, dès lors que les " artistes " leur ont proposé, lors dune seconde rencontre de préparation, de travailler sur le thème du marché / foire médiéval quils avaient soigneusement découpé ! Cela a relancé une fois de plus la discussion sur le degré de contrainte quimplique :
Le travail a toutefois bien réussi, même si les exigences thématiques ont été réduites par rapport à ce quelles étaient à lorigine. |