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Les Projets

Elèves sans frontières :
télécopie et enseignement d'une langue étrangère :
les lettres-fax
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Introduction

Le projet des lettres-fax a beaucoup de traits communs avec le projet de coopération à distance (cf. le projet Martigues-Berlin). Les principes pédagogiques et la méthode de base sont les mêmes. Sur un point néanmoins il s’en distingue fondamentalement : il s’agit du seul projet multilatéral qui sera ici exposé. Il y avait en effet dans ce projet plusieurs classes partenaires (jusqu’à 6 pays différents). La longue expérience accumulée au fil des années montre que ce type de coopération sur la base d’un échange d’envois par télécopie marche bien. Il nous semble que le succès est lié, d’une part, au support et, d’autre part, à la programmation des échanges de documents sur toute l’année scolaire. Avant d’entrer dans le détail, nous souhaiterions exposer en quelques mots les avantages et les limites d’une telle démarche.

Au titre des arguments en faveur de cette technique il y a d’abord le fait que la télécopie est bien implantée dans les établissements et présente partout, même si elle n’incarne plus la modernité - contrairement à ce qui était le cas au début du projet en 1990 - comme par exemple le courrier électronique (cf. courriel / mel *) et internet * actuellement. Ce retour en arrière sur une innovation technique, ses apports et son soi-disant dépassement nous semble toutefois riche d’enseignements.

L’envoi de la même somme d’informations est moins cher que par la lettre traditionnelle, mais plus cher que le courriel, avec qui la vitesse est comparable. On est toutefois limité au format d’une page A4 et au noir et blanc. Cette contrainte de place peut être considérée comme un désavantage même si, en fait, l’expérience en montre plutôt les avantages. L’obligation purement formelle d’avoir à s’exprimer sur 2 pages introduite comme consigne dès le départ n’a en fait ni freiné ni bloqué les élèves mais bien au contraire déclenché chez eux toute une inventivité quant à la façon de faire passer ce qu’ils trouvaient important avec une grande économie de moyens. De plus, cette règle était compréhensible car, du fait des cinq partenaires présents dans le réseau, chaque groupe recevait déjà 10 pages des autres. Le noir et blanc n’a pas non plus été perçu comme trop réducteur.

Comme la lettre traditionnelle sur papier, la télécopie permet par ailleurs de travailler avec des techniques et un outillage simples (le découpage, les ciseaux, la colle, etc). Tout aussi bien de " bricoler " à plusieurs en même temps sur le même document. En plus, il permet tout aussi bien de transmettre un document original (par exemple un carnet de notes, un diplôme) ou un dessin fabriqué par les élèves eux-mêmes. Dans le cas du courrier électronique, il faut au moins un lecteur optique/scanner et si les élèves ont envie de réaliser une image pour l’envoyer électroniquement, cela demande beaucoup plus de travail en plus d’un bon équipement. L'utilisation de la carte fax de l'ordinateur est un peu plus compliquée, mais ce système a quelques avantages par rapport à l'appareillage traditionnel : la réception est de meilleure qualité dans la mesure où on récupère le document par l'imprimante, on peut garder dans un même dossier tous les envois des partenaires, on peut manipuler les documents (agrandir, réduire), et si on dispose d'un lecteur optique, on peut envoyer des dessins, photos, etc. d'une excellente qualité. Mais si l’établissement dispose d’un tel équipement, l’utilisation du courrier électronique montre encore plus d’avantages.Dans le cas d’un télécopieur, les coûts sont modestes. Si on fait l'envoi le matin, c’est le plus cher, la nuit c’est moins cher et presque toutes les télécopieurs permettent de programmer l'heure d'envoi (les envois nocturnes coûtent moitié prix). Il faut prévoir aussi une somme pour les photocopies des élèves et les communications par fax ou téléphone nécessaires pour coordonner le projet.

Ce projet remonte à 1990. L’équipe pédagogique à l’origine de cette initiative étant constituée par des professeurs de français langue étrangère, le contenu des envois est, en principe, orienté vers cette discipline. Ce travail commencé il y a presque dix ans continue encore avec quelques modifications. D'autres groupes de professeurs se sont constitués et ont suivi le même modèle dans le cadre de l'enseignement d'autres langues que le français. Mais l’objectif est resté le même : découvrir et mieux connaître les autres, les partenaires.

L'idée de départ est d’établir un contact régulier à distance par le biais de la télécopie entre différentes classes en traitant les mêmes thèmes qui intéressent (plus ou moins) les élèves et leur montre les similitudes et différences. Les élèves ont à peu près le même âge (pour qu’il y ait des intérêts et des perspectives proches) et un niveau de connaissances linguistiques (pour que les écrits échangés ne soient pas trop différents au plan linguistique).

L’expérience a montré que sept envois par télécopie à des dates précises tenant compte du calendrier scolaire de chaque pays sont faisables et permettent un travail raisonnable.(cf. articles parus dans " Le Français dans le Monde " en février 1994 et dans le numéro 16 de la revue suisse " Trait d'Union "). Cela permet d’assurer un contact régulier tout au long de l'année et aux élèves d'utiliser la langue qu'ils commencent à apprendre dans un contexte de communication réelle.

Les enseignants responsables du projet ont essayé d'établir pour chaque envoi des consignes peu restrictives sur le fond afin que chaque classe puisse s'exprimer librement. D'autre part, ils ont accordé une place importante aux modes d’expression autres que l'écrit pour éviter des documents trop lourds (dessins, plans, schémas...).

Il en va autrement des consignes techniques : les envois devaient se limiter à deux pages, avec des marges assez larges et être rédigés à l’encre noire pour permettre une meilleure lisibilité. En outre, dans un réseau de correspondance multilatéral, il faut toujours tenir compte du fait qu’on reçoit des envois télécopiés de tous les partenaires.

Les élèves ont réagi pendant ces d'expérience de façon enthousiaste, car ce support leur a permis de communiquer d'une façon instantanée et régulière. Ils ont pu comparer leurs habitudes avec celles des jeunes d‘autres pays, au-delà des clichés et des préjugés habituels.

Hormis la motivation à l’apprentissage d’une langue étrangère, les objectifs visés sont celui de la connaissance et de la prise de conscience de son propre environnement pour pouvoir le transmettre et, bien sûr, la découverte de l'environnement étranger d'adolescents d'autres pays (le milieu familial et social, les fêtes, la vie religieuse et politique, loisirs, etc).

A la suite de ce travail, l'attitude des élèves a changé : ils ont appris à accepter les différences, à apprécier l'utilité d'une langue comme véhicule de communication et ils ont pris conscience de l'influence du vécu et de la culture quotidienne (horaires, loisirs...).

Un exemple : le calendrier des envois et les sujets des lettres-Fax" pendant une année scolaire.


Note 14 : La description du présent projet constitue l’une des parties de la publication du " Groupe fax " - " Elèves sans frontières - Les technologies nouvelles au service des partenariats multilatéraux " que les auteurs, Ulrike Willmann et Joaquin Giràldez ont bien voulu mettre à notre disposition. On pourra se la procurer pour un prix modique en s’adressant à : Ulrike Willmann c/o Anna-Schmidt-Schule Gärtnerweg 29 D-60322 Fax : --49/69/95 62 111 courriel : w.koser@schule-uni.de. Retour

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