exemples+konzepte L'échange scolaire retour

Sommaire

 

Echanges entre lycées et collèges français et allemands :

Les échanges franco-allemands au cœur d’un réseau élargi :
«Communiquer à l’intérieur de l’Europe et sur l’Europe»

Collège André Duchesne, L’Ile Bouchard (Indre-et-Loire)
Johannes Kepler Gymnasium, Leonberg (Bade-Wurtemberg)
Lycées partenaires en Grande-Bretagne, Italie et Espagne

Rencontre du 2 au 16 octobre 1995 à Leonberg

Il y a quelques années, nous avions observé que, lors du séjour en Allemagne, au cours des rencontres quotidiennes du lycée, les élèves faisaient des remarques très intéressantes sur ce qu’ils voyaient autour d’eux, sur ce qu’ils comprenaient quant au fonctionnement familial, sur le système scolaire etc. Or, cette richesse était pratiquement gommée dans les dossiers, rapports, etc. que les élèves nous transmettaient après les échanges.

Nous nous sommes dit alors que cette déperdition regrettable devait aussi exister lors de la transmission orale de leur vécu, que ce soit à leurs camarades ou leur famille. D’où l’idée d’une transmission «à chaud».

Nous avions alors pris contact avec un journaliste de la presse locale, la Nouvelle République du Centre-Ouest, qui avait déjà l’habitude de travailler avec des scolaires dans le cadre du C.L.E.M.I. Nous nous sommes mis d’accord sur la périodicité et la dimension des articles qui seraient diffusés pendant la durée du séjour des élèves (4ème/3ème) à Leonberg, Bade-Wurtemberg, en octobre de l’année scolaire suivante. Nous avons ainsi rédigé 6 articles de 1200 signes, passés en télécopie à la N.R. et publiés le lendemain; Pour être sûr que les articles seraient lus par un lectorat plus large que les parents et les élèves, des articles-tests avaient été écrits avant le départ en cours de français. Le journaliste a fait une évaluation et a donné feu vert en annonçant dans la presse le déroulement de l’opération; Les élèves ont créé aussi un logo, permettant d’identifier au premier coup d’œil l’article en question. La population a suivi le tout, d’abord avec surprise, puis avec plaisir.

Après le retour, une évaluation du projet a été faite sur le terrain et ensuite avec le journaliste. Les élèves avaient si bien leur travail que plus tard la presse est venue faire appel à ces «journalistes en herbe» pour qu‘ils s’expriment en direct sur l’actualité.

Lors de l’accueil du groupe allemand, en mai, le groupe franco-allemand, toujours en cours de français, a rédigé deux articles, diffusés dans la presse locale. (Cela s’est fait plusieurs années de suite d’ailleurs).

Et maintenant ? Les élèves ne sont plus les mêmes et les enseignants en partie non plus. Nous avons donc décidé de rajeunir le projet en lui donnant d’autres dimensions. D’autant plus qu’entre temps, le collège a fait fonctionner un projet européen avec l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas. De plus, un séjour en Espagne a été organisé, même si, pour le moment, on ne parle pas encore d’échange.

Cette année, en classe de 5ème, tous les élèves ( qu’ils participent à l’échange ou non) vont travailler sur la presse : objectif des articles, présentation, rédaction, etc. Ce travail s’intègre au cours de français et pourra trouver une application dans la rédaction d’articles pour le journal du collège «Le petit européen», et aussi lors de réflexions fin-mars, au moment de la «Semaine de la presse à l’école». En allemand, en anglais ou en espagnol, on pourra travailler sur des flashs d’information de la télévision étrangère, de manière à comparer le style de présentation, le comportement du présentateur et la place de l’image . La mise en parallèle avec des informations françaises permettra de mettre en relief les conceptions communes ou différentes suivant les pays. En cours de langue toujours, les élèves pourront comparer le fonctionnement du journal local français avec celui de la «Leonberger Kreiszeitung» (la rédactrice est une ancienne de l’échange) ou le journal local de Whymondam, en Grande-Bretagne. En 4ème allemand LV1, on réfléchira également aux notes prises sur le dossier de cette année au sujet des journaux auxquels les partenaires allemands sont abonnés, du mode de distribution, des revues qu’ils achètent, etc.

Au cours de cette même année 96/97, le professeur d’arts plastiques fera réfléchir les élèves sur la notion de logo ; ils réaliseront le leur, évoquant les échanges, les rencontres, éventuellement sous forme de concours.

En octobre 1997, un groupe de 4ème ira en Angleterre et un groupe de 4ème et de 3ème ira en Allemagne. Nous pensons rédiger trois articles par groupe sur les deux semaines de séjour. Les négociations avec la N.R. sont en cours. Les enseignants devront cibler avant le départ les domaines dans lesquels chaque groupe interviendra, de manière à éviter des redites. Il n’est pas question de lasser nos lecteurs.

Au cours de la même année scolaire, des 5ème iront à Modena et à Amsterdam. Un groupe de 3ème ira en Espagne. Chacun des groupes enverra un article par voie de presse.
En avril, mai et juin, quand nous recevrons les différents groupes étrangers, des ateliers de rédaction se mettront en place avec les élèves français des différents classes (y compris ceux qui ne sont pas partis) et étrangers. Chaque équipe rédigera un article en français pour la N.R. et si possible le groupe étranger rédigera un article dans sa langue maternelle qui sera publié par la presse locale du pays en question.

Il nous paraît important de communiquer dans les deux langues : il y a des choses que l’on ne sait pas transmettre dans une langue étrangère, pour des raisons de compétence linguistique mais aussi parce qu’il y a des spécificités dans l’utilisation de la langue maternelle ou étrangère. En cas d’accord, on pourrait faire passer les articles en français dans la presse locale étrangère, si elle estime que le lectorat existe. Pendant le séjour des partenaires au collège, il est possible de programmer une visite de la N.R. en intégrant tous les élèves.

En conclusion, ce projet rénové s’étale sur deux ans : un préparation en cours de 5ème, puis une application en 4ème et 3ème, en langue maternelle et en langue étrangère. Les illustrations s’intégreront au travail fait en arts plastiques. Bref : on compte sur le professeur de français de 5ème, les professeurs de français de 4ème et 3ème des années suivantes, le professeur d’allemand, d’espagnol, d’anglais, d’arts plastiques, les collègues des différents pays. (Il faudra veiller à la transmission des différentes démarches en cas de changements dans l’équipe).

On fera appel aussi aux intervenants de la presse locale des différents pays. On aura sans doute besoin de l’appui du C.L.E.M.I., peut-être de la M.A.F.P.E.N et des C.D.D.P., C.D.R.P ou de l’OFAJ, du rectorat, du Ministère, de partenaires locaux, car il est vraisemblable qu’à un moment ou un autre, on aura besoin de documentation, de formation ou d’appui financier.

Mais, en travaillant de cette manière, une chose est sûre, nous communiquerons à l’intérieur de l’Europe mais aussi sur l’Europe, et cela avec l’appui de nombreuses disciplines scolaires décloisonnées, et -nous l’espérons- avec des retombées positives pour chacune d’entre elles. Nous pensons que la manière d’appréhender l’Europe sera sans aucun doute différente pour nos élèves et notre rôle n’est-il pas de les aider à construire leur citoyenneté européenne, en se servant des outils linguistiques et autres qu’ils ont à leur disposition.

B. Delavenna

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