exemples+konzepte "ESPOIRS DE HAUT-NIVEAU : TERRAIN DE L'APPRENTISSAGE INTERCULTUREL"
- D O C U M E N T  D E  T R A V A I L -
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approuvé par les participants de la session annuelle des Fédérations sportives françaises et allemandes à Hanovre, les 4, 5 et 6 novembre 1992  

Table des matières

2. Conditions de l'apprentissage interculturel dans le domaine sportif

Le groupe de travail "Espoirs de Haut-Niveau" s'est laissé guider par l'hypothèse suivante :
Le sport est un phénomène culturel et un élément de la culture d'un peuple. Il est marqué par cette culture et, pour sa part, exerce une influence notoire sur elle. La pratique et l'abord du sport constituent des références caractéristiques à la culture générale et la façon dont elle inclue le sport. Cela se remarque tout particulièrement lorsque des sportifs de cultures différentes se retrouvent et qu'ils vivent et réfléchissent aux différences relatives à leur pratique du sport sur les plans pratique, organisation et structure. La pratique et l'abord du sport dans la communauté franco-allemande constituent en fait un terrain potentiel et suffisant pour l'apprentissage interculturel.

Le groupe de travail s'est penché principalement sur les questions suivantes :
"Comment doit être organisée la pratique du sport (la rencontre franco-allemande d'Espoirs de haut-niveau), de façon à ce que les références à la culture générale contenues dans la situation puissent se refléter, être communiquées et être prises en considération ?

A quels intérêts se heurte ce droit de créer une situation favorable à l'apprentissage interculturel auprès des athlètes, des entraîneurs et des associations ?

Quelles informations sur les ressemblances ou les différences culturelles peuvent être glanées grâce au seul vécu du mouvement sportif et de la performance, à une époque où les efforts pour une optimalisation de la performance conduisent à des accomplissements de mouvements et de formes d'entraînement qui se rapprochent de plus en plus ?

Comment les modalités peuvent-elles être exploitées et influencées de façon à connaître au mieux les conditions sociales, politiques et financières dans lesquelles un sport est exercé dans l'un ou l'autre pays ?

Ces questions démontrent que certes le sport constitue un terrain potentiel et suffisant pour l'apprentissage culturel, mais que cet apprentissage interculturel n'est pas automatique, qu'il doit être au contraire voulu et soutenu. A ce niveau là, le sport ne se porte ni plus mal, ni mieux que les échanges universitaires ou les rencontres artistiques.

 

2.1. Structure de la situation du sport en tant qu'"expérience commune" (Paul Irlinger)

A quoi peut ressembler ce soutien ? L'apprentissage interculturel reposant sur la communication, le vécu commun et l'intérêt, il faut tout d'abord se poser la question de savoir si, après tout, la situation extrême d'activité sportive de haut-niveau le permet. Considérons ce qu'indique Paul Irlinger. Il juge le sport de haut-niveau, quant à sa structure, comme étant l'un des rares terrains d'entente internationale et interculturelle. Le sport est "expérience commune", "vie partagée", et "proximité" ; il est le point de départ de la coopération et de la compréhension.

"Il importe de souligner aussi que le sport permet un "faire ensemble" immédiat, échappant presque totalement à l'obstacle linguistique. Peu d'activités possèdent une réglementation internationale aussi précise et aussi universellement admise et respectée que les sports. Il est possible, pour les ressortissants de pays différents et ne parlant pas la même langue, de s'engager, sans tractations et sans longues mises au point préalables, dans une action commune : l'action sportive. Cette coordination des actions, permise par une réglementation commune, se trouve encore facilitée par la réduction des différences au plan technique et tactique. Ce "faire ensemble" immédiatement réalisable, qu'il s'agisse de s'affronter, de faire équipe ou de s'entraîner ensemble, crée une expérience commune, un vécu partagé, une proximité, qui constitue un point de départ précieux, un foyer d'expansion, pour une multitude d'échanges et de communications entre porteurs de cultures nationales différentes."
(Paul Irlinger - exposé présenté à Scheidberg en novembre 1990. Session annuelle des Fédérations sportives françaises et allemandes)

 

2.2 Facteurs favorisant ou freinant la communication dans l'organisation de la part sportive d'une rencontre

Il est par ailleurs aisé de constater que malgré cette base d'"expérience commune", chaque participant est concerné individuellement quand la situation prend la forme de championnats internationaux, de compétition entre pays et de jeux olympiques - et ce, à juste titre.
(A titre comparatif et pour mieux comprendre, observons un étudiant en situation d'examen : il serait peu judicieux d'attendre d'un étudiant dans un stage franco-allemand qu'il se penche sur les problèmes de ses collègues-étudiants alors qu'il est à trois jours d'un examen de fin de stage.)

Le groupe de travail a donc été d'un commun accord pour que l'un des points, primordiaux dans l'organisation d'une rencontre de sport de haut-niveau et décisifs dans la possibilité de réaliser une situation de communication, soit la proximité ou l'éloignement temporel du moment fort d'une saison. Le groupe conseille d'organiser des programmes franco-allemands de sport de haut-niveau après les moments forts d'une saison. Une rencontre franco-allemande de sport de haut-niveau ne peut en aucun cas tenir lieu, à l'échelon national, de préparation à des compétitions internationales ; dans une telle situation, hormis l'amélioration personnelle de la performance, on ne peut attendre aucun engagement pour une communication interculturelle.

La classe d'âge et le niveau de performance des participants jouent certainement un rôle décisif dans l'intensité de la communication au cours d'un stage. Le sport présentant de grandes différences, on peut avancer que pour sûr la parité entre Français et Allemands doit être respectée. En général, les programmes franco-allemands offrent des possibilités d'échanges très intéressantes aux jeunes "Leistungskader" (cadres D et C selon la classification allemande, "Espoirs de haut-niveau" selon la classification française). Un groupe mixte constitué pour la durée d'un entraînement devrait, selon les possibilités, être dirigé par un groupe d'entraîneurs français et allemands jusqu'au moment de la compétition finale. Cette forme d'organisation permet :

  • de découvrir d'autres styles différents du sien (elle en est même la condition). Elle accroît les capacités de compétences et conduit le groupe à s'améliorer;
  • de découvrir sur le terrain d'autres méthodes de formation et d'entraînement;
  • de vivre d'autres styles de direction avec les entraîneurs "étrangers".

Cet entraînement en commun constitue la base de la reconnaissance des différences ou des points communs nationaux et de leurs causes. Les constellations suivantes en découlent pour le travail des entraîneurs :

  • les entraîneurs connaissent les différences de méthodes des deux pays. Ils en informent les athlètes et tentent de les concilier temporairement ;
  • les entraîneurs présentent des situations aux athlètes. Ces derniers prennent connaissance des différentes méthodes de chaque pays et entament une discussion ;
  • les entraîneurs et les athlètes ne connaissent pas les techniques différentes, les identifient et cherchent les explications adéquates.

Les enregistrements-vidéo sont un excellent moyen pour entamer des discussions sur ces observations.
Propices également sont : l'usage et la comparaison de films documentaires nationaux ; l'utilisation des débuts de l'"action fair-play" dans le but de reconnaître les différentes positions et les particularités nationales ; les extraits de rapports de presse (documents annexes à des émissions sportives, fréquence, tendances, préférences, journaux sportifs, revues de sport, etc) ; l'observation du rôle du sport dans les spots publicitaires dans les deux cultures.

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