Nathalie B. / dossier n° ......... / année scolaire 1994-1995
Je fais partie de la grande famille du programme déchange des instituteurs (coordonné par lOFAJ depuis ... un certain nombre dannées).
Je ny ai fait quun bref passage dun an, mais je me sens « membre actif » à part entière.
« Quand on y a goûté, on sy sent impliqué et on ne peut loublier ».
Cette devise ma été rapportée par un participant, que jai rencontré cette année, dans lécole où je viens de minstaller. Jarrive pourtant dans une petite école de campagne, à 80 km de Lyon, où lon pourrait croire que les enseignants nont pas vraiment bougé. Eh bien, si ! Les « Ofajistes » sont partout, même dans les coins les plus reculés !
Ayant cette « carte de visite », cette expérience commune dans notre carrière (à lEducation Nationale !) nous avons tout de suite sympathisé. Il a participé à léchange en 1976-1977 (20 ans, déjà), donc, pour lui aussi, une petite expérience dun an. Mais, je crois que finalement, quelle que soit la durée de la période vécue, si les motivations sont réelles, même une année peut être très riche ! La preuve... Même plus de 20 ans après, ce collègue se souvient de cette « tranche de vie » avec une douce nostalgie, et avec des détails sur sa vie scolaire et personnelle en Allemagne, qui mont moi-même étonnée.
Mon expérience ne date que de 5 ans (5 ans déjà), mais quelquefois, en confrontant nos souvenirs, cest lui qui se souvenait le mieux de noms, lieux, etc...
Cest cette rencontre, qui ma fait prendre conscience de ces liens qui unissent tous les participants à ce programme. Ce côté « Moi aussi... jy étais... je lai vécu » navait rien de péjoratif, mais avait au contraire une connotation presque fraternelle.
Dailleurs, je crois que chaque « cuvée annuelle » garde, lors du retour au pays de ses participants, quelques membres actifs qui se retrouvent régulièrement, forts dune véritable amitié née durant leur séjour en Allemagne.
Pour notre cuvée 1994-1995, nous sommes restés quelques-uns en contact, un peu éparpillés en France ou Allemagne : Montpellier, Lyon, Toulouse, Coblence. Nous nous retrouvons toujours au moins un week-end par an, en plus dune correspondance régulière. Cela aurait pu être artificiel et rester dans le cadre dune amitié franco-allemande. Dommage, pour les quelques mauvaises langues ou les éventuels sceptiques ! ! Le fil conducteur franco-allemand est toujours là. Comment loublier ? Mais quelque chose de beaucoup plus fort sest installé et je pense que nous ne sommes pas les seuls à toujours le vivre.
Bien sûr, les retombées purement pédagogiques depuis notre retour ne sont peut-être pas celles de nos espérances de départ, mais humainement et culturellement, cet échange a été des plus enrichissants et si lon me demandait conseil pour une éventuelle participation à ce programme, je ne saurai que trop le recommander. Dailleurs ny retournerai-je pas moi-même ?
Ah, non ! Joubliais !
Ces échanges sont menacés de disparition... ! Quel dommage... !
Retour 5 ans en arrière
Nous avons tous vécu des expériences différentes, en fonction de notre personnalité, nos motivation, notre durée de séjour, notre lieu de séjour etc... mais tous, en tant que « personne désireuse de participer » puis « participant » au programme déchanges, avons dû suivre et respecter un schéma directif commun, avec certains impératifs.
P a r t i r ...
Pour les Français souhaitant « sexpatrier » en Allemagne, laventure commençait 6 mois avant le « vrai » départ. Voici un rappel nostalgique de cette période, avec quelques repères administratifs datés et des commentaires liés à ma propre expérience.
| Décembre |
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Javais hésité lannée précédente, mais cette année-là je consultais fébrilement les B.O., pour ne pas rater le notice de candidature à remplir, et voilà quelle arrivait... avec tous ses Objectifs, conditions de participation, service pendant léchange, position administrative, rémunération, calendrier et procédure de dépôt des candidatures et ... les éventuelles remarques. Bref, ce que nous avons tous lu, avec une attention débordante et qui nous semble ... avec le recul, bien utopique sur certains points !
Rappel de ces quelques points :
- Ah, oui ? ? ? nous devions signer lengagement denseigner lors de notre retour en France, la langue du pays dans lequel nous avions passé une année ? ?
- Evidemment ! ! Cet échange ne devait en aucun cas permettre le règlement de situations à caractère strictement personnel !
- Tiens... Jétais célibataire ! Un « plus » pour trouver un logement. Pour une fois, (depuis le début de ma carrière dans léducation nationale !) quêtre célibataire devenait un avantage !
- Waouh ! On nous versait une indemnité représentative de frais dexpatriation temporaire de 26 088 FF (au 01/08/94) Ah ! par contre, plus dindemnités de logement et puis semble-t-il le coût de la vie ne serait pas le même ?
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Voeux en vue de laffectation
Carte de lAllemagne en main et statistiques daffectation dans lautre, jai inscrit en clair, (comme il me létait demandé !) les noms des « Länder » choisis. Advienne que pourra, mais je navais pas fait preuve de trop de bravoure, quant à léloignement :
1. Rhénanie-Palatinat
2. Bade-Wurtemberg
3. Sarre
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| 10 Février |
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Entretien : Convocation au Rectorat pour un mercredi après-midi. Accueil très officiel, avec attente dans un « salon » où jai rencontré, pour la première fois I., aussi impressionnée que moi. Nos regards en disaient long... « A quelle sauce, allions-nous être mangées ? » I. est passée avant moi et est ressortie peu souriante, du bureau. Quelle pression ! !
Nous nous sommes retrouvées, quelques mois plus tard, lors du stage pédagogique et nous avons bien ri en y repensant...
Il faut dire, que lors de lentretien, nous savions que 3 personnes sur les 6 convoquées, partiraient. Cétait le quota académique de lannée.
Ferions-nous partie du « lot » ? Après mon entretien, je ne savais que penser... Javais dû me présenter et expliquer comment (si jétais retenue !) jenseignerais le français en Allemagne. Vague question ... comme cela à brûle-pourpoint et surtout en allemand.
Au début, je bredouillais un peu, cherchais mes mots. Où sétaient envolées toutes mes connaissances, mes 10 ans dapprentissage de la langue allemande et mon aisance soi-disant « naturelle » ? ? Tout redevint fluide, quand il fallut partir... !
Lattente allait être longue !
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| 31 Mars |
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Attendre...
Attendre...
Attendre...
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Dans sa tête, un long processus
Si je pars ..........
Si je ne pars pas ...........
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Fin Mai
Jouvre la boîte aux lettres et je la trouve ... cette lettre dont javais presque oublié lexistence. En tremblant, je la décachette, je ferme les yeux, je les rouvre, cest .....oui..... ! ! Vite, le téléphone ... faire partager ma joie et apprendre la nouvelle. Ça y est, je pars !
Réactions modérées, enthousiastes, désespérées ( le petit ami « sic »). Tout dun coup, lespoir était permis, mais maintenant il fallait penser à lannée à venir, à son organisation. Un peu dangoisse se faisait sentir !
Mi-Juin
Convocation à une réunion dinformation
Super Besse, nous voilà. Un week-end en Auvergne ! Rencontre entre « anciens » participants qui rentraient et nous « les petits nouveaux », qui devions en deux jours, profiter de cette opportunité pour emmagasiner le plus dinformations possible. Ce samedi et ce dimanche ne soublient pas facilement... cest le tremplin pour lannée à venir. Echanges nombreux entre « anciens » et « nouveaux » et entre « nouveaux » tout simplement, qui se regroupent souvent par « Land », puisquils seront sans doute appelés à se revoir.
Galère pour certains... mais je dois être née sous une bonne étoile... je repars avec un logement meublé assuré et un poste, semble-t-il, « on or », puisque jaurai la chance de travailler avec une française installée là-bas, depuis une vingtaine dannées. Je suis rassurée et je repars le cur léger, même si mon prédécesseur na pas arrêté de me faire des remarques sur le comportement des élèves allemands. Sans doute exagère-t-il !
Dautres, par contre, repartiront beaucoup moins satisfaits de leur sort (prédécesseur absent ou pour qui cela ne sest pas bien passé, recherche de logement qui sannonce difficile, interventions sur plusieurs écoles éloignées etc...) la liste est longue.
Néanmoins, nous repartons tous avec la promesse de nous retrouver, si ce nest au stage linguistique, au stage pédagogique.
Août
Stage linguistique
Perfectionnement et premier « bain de langue véritable »
Du 23 au 31 Août - Waldfischbach
Stage pédagogique
Une fois oublié le fait dêtre dans un couvent... pour nous, défenseurs de la laïcité... nous voilà plongés dans lunivers pédagogique et institutionnel allemand . Ambiance sympa, bon enfant, avec alternance de cours théoriques et pratiques (chants, danses, musique, théâtre). Bien sûr, il y a toujours des irréductibles qui ont trouvé ça « nul », beaucoup plus préoccupés par des problèmes de logistique ou de logement encore non réglés. Il y aurait évidemment à dire sur la formation dispensée comme sur toute formation... Mais, nous avions du matériel et des pistes pour commencer notre travail que nous discernions de mieux en mieux.
A nen pas douter, cela allait être différent de ce que nous connaissions et il allait falloir sadapter semble-t-il ! ! La date fatidique approchait... une semaine plus tard, nous allions entrer en fonction.
De Waldfischbach, il me reste (en plus des contenus du stage !)
- le thé rouge et le pain noir servis le soir, qui nous habituaient peu à peu à la gastronomie et aux habitudes alimentaires allemandes
- les soirées endiablées, enfumées et arrosées ! ... (mais, chut !)
Le 31 août, il fallut se quitter avec une soirée dadieux digne de celles connues en centres de vacances. Notre thème était celui de la « sorcière Pélagie », à qui il arrivait maintes aventures... Le clou final fut la chanson que nous avons créée (des soirées durant !)et interprétée (un pincement au cur !) pour nos gentils formateurs !
Le 4 Septembre
Ce dimanche matin-là, je faisais mes adieux, pour quelques mois, à tous les êtres chers qui mentouraient, ... sceptiques... dubitatifs... encourageants... encore incrédules... ou complètement désespérés. La route allait être longue (7 h) et déjà à mi-chemin, je téléphonais au plus désespéré de tous, celui que je quittais... pour lAllemagne... me demandant si javais fait le bon choix. Pas de retour en arrière ! nous savions que cette année, serait une « période-test » pour nous deux.
Quelques heures plus tard, ma VW Polo verte, pleine à craquer, franchissait la frontière ( sans douaniers !) et un souffle différent semblait menvahir.
Laventure commençait.....
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