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2.2 METHODES DE L'ANIMATION LINGUISTIQUE 2.2.1. METHODE LUDIQUE - Le déblocage Il s'agit d'amener les participants à surmonter les barrières - affectives la plupart du temps - qui les empêchent de communiquer librement. Les dénommés blocages peuvent avoir des origines diverses : une mauvaise connaissance du langage parlé de l'autre, une certaine timidité, des difficultés naturelles à rentrer en contact, un découragement dû à des échecs préalables (scolaires ou autre), la peur du ridicule, etc. Cette phase de déblocage est déterminante. Elle entend aider les participants à prendre confiance en eux et à perdre la peur du contact, physique ou psychique, avec l'autre. Elle s'appuie sur des jeux principalement non verbaux tels que les jeux "faire connaissance", les activités d'expression liées au mime ou au théâtre, les chansons, les jeux de rôle, etc. Ces activités visent à développer les contacts sociaux entre les jeunes et à leur faire vivre des expériences ensemble. C'est aussi une phase de motivation linguistique. La langue sera introduite pratiquement "sans qu'on s'en aperçoive" car elle n'aura qu'une fonction instrumentale : il s'agit d'apprendre ce dont on aura besoin pour atteindre l'objectif commun et d'avoir envie d'en apprendre plus grâce à l'expérience d'une communication réussie. - L'acquisition linguistique Après avoir obtenu un minimum de déblocage, on va introduire l'aspect linguistique dans les jeux et activités menés avec les jeunes, par exemple en créant le besoin de la langue par des situations appropriées, ou en répondant à des besoins linguistiques constatés, ou par des jeux issus de l'animation de groupe et adaptés de manière à inclure une composante linguistique, etc. Il s'agira alors de faire intervenir certains processus de mémorisation visuelle et auditive. En effet, les jeunes voient et entendent beaucoup de choses pendant le séjour mais, sans un support à l'apprentissage, ils ne retiendront sans doute pas grand-chose de cette foule d'informations linguistiques. On va donc mettre en place des jeux pour favoriser la mémorisation, tel que des jeux de répétition par exemple. D'autre part, on pourra visualiser les acquisitions à l'aide d'affiches qui resteront accrochées pendant toute la durée du séjour dans une salle commune. - La systématisation Cette étape correspond en somme à une récapitulation ordonnée. Il s'agit de mettre en commun tout ce que les jeunes ont pu apprendre pendant le séjour et de structurer ce savoir acquis. On peut par exemple essayer de leur faire découvrir par déduction le fonctionnement grammatical de la langue à partir de ce qu'ils en savent déjà. L'intérêt est qu'ils soient capables, à partir d'éléments langagiers acquis au hasard de la rencontre dans des situations précises, d'opérer un transfert et d'utiliser ces acquisitions dans d'autres situations. Il est important de préciser que ces trois objectifs ne correspondent pas forcément à un ordre chronologique. On préfère comparer la démarche de l'animation linguistique au Boléro de Ravel : dans celui-ci, chaque instrument est introduit au fur et à mesure, sans pour autant qu'un autre cesse de jouer, jusqu'à aboutir à un mouvement symphonique final où tous les instruments jouent en même temps. En animation linguistique, on commencera donc par le déblocage, qui durera tout au long de la rencontre : en effet, certains blocages peuvent persister, de nouveaux peuvent apparaître en cours de séjour. On introduira ensuite l'acquisition linguistique, qui pourra avoir lieu dans tous les temps d'animation, puis la systématisation, qui interviendra à partir du moment où certaines acquisitions auront déjà eu lieu.
2.2.2. METHODE DU TANDEM Le tandem est la méthode d'apprentissage utilisée dans les cours de langue binationaux. Elle trouve également certaines applications dans l'animation d'une rencontre binationale. Dans la méthode du tandem, l'apprentissage linguistique relève d'une sorte de "contrat didactique" (cf. DAUSENDSCHÖN-GAY, 1995) entre deux partenaires de langue maternelle différente. Dans le cas présent, il s'agit d'un Français et d'un Allemand qui travaillent ensemble à la réalisation d'un objectif commun. Ils parlent alternativement français et allemand (par exemple : une demi-heure dans une langue, une demi-heure dans l'autre) et endossent à tour de rôle la fonction d'apprenant et d'enseignant. Le tandem est flexible : le choix du partenaire peut être libre ou imposé, réversible ou définitif, en fonction de la composition du groupe et de l'activité donnée. Les interlocuteurs ne sont pas non plus forcés d'avoir le même niveau de langue : l'important est plutôt qu'il n'y ait ni langue dominante, ni partenaire dominant. Enfin, le tandem va au rythme des intéressés : les deux partenaires pourront donc prendre le temps de s'exprimer, d'utiliser des stratégies de communication, de tester des mots ou expressions nouvellement appris. Le tandem est donc le lieu idéal pour un apprentissage intensif et efficace car il permet aux jeunes de travailler en forte interaction, dans un climat de confiance et de manière autonome (Voir ici les rapports de cours de langue binationaux et autres documents sur la page Internet de lOFAJ : http://www.ofaj.org - Langue et pédagogie, ainsi que le guide pédagogique pour le travail en Tandem "Die Tandem-Methode - Theorie und Praxis in deutsch-französischen Sprachkursen" (La version française est en préparation). Certains documents peuvent également être envoyés sur demande par lOFAJ.). |
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