tandem L'animation linguistique dans les rencontres de jeunes professionnels
Recherche et rédaction : Fabienne BAILLY, en coopération avec Isabelle Damay, Ullrich Nalbach, Bettina Offermann et le Bureau Formation interculturelle de l'Office franco-allemand pour la Jeunesse

OFAJ/DFJW © 2000
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Table des matières

3.2. ETUDE DE LA COMMUNICATION NATURELLE
L’analyse du matériel collecté dans les deux programmes permet de mettre en valeur et de documenter quatre aspects distincts de la communication naturelle : les motivations à la communication, les situations favorisant cette communication, les stratégies de formulation et de compréhension spontanément utilisées par les jeunes, ainsi que les acquisitions linguistiques découlant de la communication.

3.2.1. MOTIVATIONS A LA COMMUNICATION
Les raisons qui poussent les jeunes à engager la conversation avec un jeune de l'autre pays sont l'envie de connaître l'autre et l'envie de mener une activité ensemble. Viennent ensuite la nécessité, le désir de pratiquer la langue, les centres d'intérêts communs. Les jeunes parlent d'abord d'eux-mêmes : de leur vie, de leurs famille, pays, amis. C'est dire que la relation interpersonnelle est au centre de la communication. Puis viennent les centres d'intérêt commun: loisirs, hobbies, sport, jeux, mais aussi les voyages, les rapports filles-garçons. La rencontre, c'est-à-dire ce que les jeunes sont en train de vivre ensemble, crée également une base commune qui les rapproche: ils citent ainsi les cours de langue, activités, excursions, conflits, repas. Enfin, les jeunes découvrent également la dimension interculturelle de la rencontre et s'y intéressent : ils comparent les systèmes scolaires, la France et l'Allemagne, les spécialités culinaires.

3.2.2. SITUATIONS PROPICES A LA COMMUNICATION
Il est intéressant de constater que les situations les plus communicatives ont eu lieu dans les chambres binationales. Il s'agit en effet d'une situation laissée à la libre gestion des participants et où la communication reste donc totalement naturelle. D’autres jeunes citent plutôt le sport et les jeux, les excursions et activités de groupe. Les sessions linguistiques sont également citées comme situations favorisant la communication, ou encore les activités en petits groupes.

3.2.3. STRATEGIES DE COMMUNICATION
Face à une situation de communication, l'interlocuteur oscille entre deux attitudes : soit "laisser tomber", quand l'objectif communicatif lui paraît trop difficile à atteindre, soit tenter de transmettre ou de comprendre le message coûte que coûte. Dans ce dernier cas, il va avoir recours à toute une série de stratégies de communication, mais aussi de stratégies de compréhension et de formulation :

  • Stratégies non verbales: mime, gestes, intonation, dessins, écriture;
  • Choix de la langue: langue de l'autre, mélange de langues (français et allemand), l’anglais comme lingua franca;
  • Stratégies de compréhension: reformulation dans une autre langue, recours à certaines expressions (demander à répéter, à parler plus lentement etc.);
  • Stratégies de formulation: emploi d'une périphrase, achèvement interactif (l'interlocuteur, véritable partenaire de la communication, vient en aide au locuteur non natif en lui proposant des modèles de réponse lorsque celui-ci ne trouve pas les mots pour s'exprimer), recours à un traducteur, recours au dictionnaire.

3.2.4. ACQUISITIONS LINGUISTIQUES
Les jeunes des deux rencontres sont quasiment unanimes à affirmer avoir fait des progrès dans l'autre langue: il y a donc eu acquisition linguistique dans la grande majorité des cas. Ils indiquent avoir surtout appris par le contact avec des jeunes de l'autre nationalité, donc en situation d'interaction sociale. La situation de rencontre semblait plus motivante que l'école pour l'apprentissage linguistique.

Les acquisitions - en dehors des cours de langue - concernent les termes courants de salutation et de politesse, les gros mots et insultes, ainsi que des mots et expressions liés le plus souvent à une activité ou à une situation particulière de la rencontre (cassette, match, spring, raquette, Zugabe, malen, surfen...). Ces acquisitions ont eu lieu dans un ordre logique: les jeunes ont d'abord écouté l'autre langue, puis essayé de la parler eux-mêmes et se sont fait corriger par leurs camarades. Enfin, certains ont tenté de fixer par écrit leurs nouvelles acquisitions.

D'une manière générale, ces quatre facteurs (motivation, situation, stratégies de communication et acquisitions linguistiques) sont très liés les uns aux autres: certaines situations favorisent la motivation à communiquer et parfois, c'est la motivation qui est à l'origine de la situation. Des stratégies de communication sont alors mises en place dans le but de parvenir à se comprendre. Il en découle la plupart du temps une acquisition linguistique.

Des exemples des données rassemblées se trouvent dans les documents de travail de l’OFAJ "Le projet Bielefeld" et "Das Projekt Bielefeld".

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