| 5.5. REMARQUES COMPLEMENTAIRES Il est important de rappeler que les résultats de l'animation linguistique ne vont pas se mesurer que sur les acquisitions linguistiques réalisées, d'autant plus qu'il serait illusoire de considérer que l'on peut enseigner une langue en l'espace de cinq ou dix jours: l'évaluation de l'animation linguistique portera principalement sur le déblocage des jeunes par rapport à la langue. Si l'animation linguistique entend aussi favoriser l'acquisition, l'objectif central reste cependant le fait de motiver les jeunes à continuer à apprendre la langue après la rencontre, car seul un apprentissage soutenu et continu peut permettre, à long terme, une réelle maîtrise de la langue. Cet objectif va aussi déterminer les contours de l'animation linguistique, qui devra s'adapter en fonction des différents facteurs variables de chaque rencontre donnée: niveau de langue des jeunes, degré de socialisation du groupe, facultés d'apprentissage, expériences antérieures avec l'enseignement scolaire des langues, de même que certains phénomènes de groupe souvent inexpliquables vont influer sur la dynamique interne que le groupe développera ou pas. L'animation linguistique se fait donc une loi de rester flexible et de ne pas perdre de vue que l'apprentissage doit rester du domaine du plaisir. La question du temps doit également être abordée par rapport à l'animation linguistique. Ainsi, il s'avère nécessaire de planifier l'animation linguistique, au même titre que n'importe quelle autre activité, et mieux encore lors de la réunion de préparation de l'équipe d'encadrement. Il se dégage en effet de différentes expériences pratiques qu'il faut prévoir à l'avance des plages horaires réservées à l'animation linguistique, faute de quoi celle-ci n'arrive plus à s'inscrire dans la grille souvent chargée du programme. Certains jeux s'accomodent très bien d'une mise en place spontanée (ex.: "comment ça va" ou "salade de fruits"), tandis que d'autres activités d'une réalisation plus longue (telles que le "jeu des préjugés", les interviews ou le questionnaire) ne peuvent pas s'improviser au dernier moment pour combler un "trou" d'une demi-heure dans le programme. Il convient donc de tenir compte de cet aspect lors de l'élaboration point par point du contenu de la rencontre. Quant à la fréquence et à la durée des activités linguistiques, par jour ou sur l'ensemble de la rencontre, l'OFAJ n'impose aucune directive. Il importe beaucoup plus de s'adapter au groupe et de réaliser l'animation linguistique à des moments jugés propices par l'équipe d'encadrement. Les animateurs se posent également souvent la question de savoir s'ils doivent annoncer aux jeunes que "l'on va faire maintenant de l'animation linguistique". Dans un programme sans cours de langue, l'expérience a prouvé qu'il vaut mieux éviter de prononcer le terme de "linguistique" lorsque l'on propose une activité, ce mot comportant une connotation scolaire souvent négative pour les participants. S'il s'agit d'un jeu (tel que "la foire aux mots" ou "au centre"), il faut en premier lieu jouer; on peut éventuellement dégager par la suite les mots ou expressions qui auront plu aux jeunes. Dans le cas d'une activité (ex : la réalisation de panneaux de vocabulaire lié au centre), il est plus important de présenter les objectifs visés pour que les jeunes en comprennent l'intérêt, car leur motivation personnelle par rapport à ces objectifs sera le seul moteur de l'activité. |