"... C'est un miroir déformant qui fournit une caricature des réalités habituelles et familières de la dynamique des groupes : mais, comme on dit, il arrive souvent que la caricature soit "plus vraie que nature", plus profondément vraie. De même, ce miroir dilinguistique jette une lumière nouvelle et très éclairante sur les phénomènes de groupes" 1 .
La situation dilingue 2 c'est-à-dire celle où deux langues sont pratiquées, la situation binationale, révèle-t-elle, sur les conceptions et pratiques nationales de l'animation, des aspects déformés, caricaturés ?
L'animation peut s'appliquer à des groupes sociaux très différents, troisième âge, jeunes, conscientisation politique, vie de quartier, etc. Ces groupes se créent pour des raisons affectives, idéologiques ou institutionnelles.
Lorigine de ceux dont nous parlons est principalement institutionnelle. Les aspects affectifs et idéologiques sont bien sûr présents. Ces groupes sont, de plus, "artificiels" par rapport aux groupes sociaux réels et subissent l'effet de la "stagification" 3 . En particulier, l'animation devient son propre objet, son propre contenu. La situation binationale peut donc servir d'analyseur des pratiques nationales d'animation.