Dans un passage où il parle du moment de lamour, H. Lefebvre insiste sur le fait que le moment ne vient pas par miracle dans lhistoire de notre vie. Il se propose, se mûrit lui aussi, avec ou sans votre complicité. Il se constitue en prenant ses éléments et ses matériaux où il peut dans le plaisir et la souffrance, dans lamitié et la solitude, dans la vie du groupe familial et dans la vie hors de ce groupe. Un peu au hasard sassemblent les branchages que ce feu va brûler et consumer. Ses éléments, ses matières, il les prend, les change, se les approprie. Il a ses exigences, ses souvenirs, sa mémoire, ses absences et ses présences, ses paroxysmes et ses décroissances, sa folie et sa santé. Il oscille donc entre labsolu impossible et linsertion dans une quotidienneté qui le rend également impossible. 13
Amour et interculturalité ne sont guère enseignés à lécole. Pourtant, comme lamour, l'interculturel est un moment à construire. Ainsi, léveil à une sensibilité interculturelle que lon pourrait aussi nommer une sensibilité ethnographique ou ethnosociologique passe par des expériences, différentes pour les uns et les autres, mais qui aident le sujet à se construire un moment de la rencontre de lautre où il va percevoir la différence, vivre avec elle, faire avec une étrangeté externe dont il devra accepter quaucun savoir ne saurait en venir à bout. L'interculturel est un moment spécifique, différent de celui de la maîtrise des langues. La maîtrise linguistique peut aider, peut enrichir le moment interculturel mais, rien ne garantit quun Français, par exemple, qui sait la langue allemande, connaisse lAllemagne et ait les moyens de comprendre les Allemands. L'Ecole a du mal à saisir cet objet de l'interculturel, de par son histoire et ses fondements (lécole sest construite comme nationale), du fait aussi que peu denseignants se soient eux-mêmes construits leur moment de l'interculturel.
Ce déficit des enseignants en ce qui concerne linterculturel nest pas lié à leur personne, mais à leur existence en tant que professionnel. La formation des enseignants a toujours été pensée comme creuset de la construction de lidentité nationale. De plus, cest le rapport au savoir enseignant qui aide peu à entrer dans l'interculturel. On forme les enseignants à savoir sur. Cette posture est antinomique à celle à avoir pour accéder à une compétence interculturelle qui suppose un savoir de lintérieur, une expérience vécue. Pour être maître, pour être enseignant, il faut, en France, dabord être Français. En France, les IUFM (instituts de formation des maîtres) sont lun des rares lieu monoculturel où tout étranger à la culture de lécole française soit exclu. En Allemagne, le recrutement enseignant est plus régionalisé, mais le rapport à l'interculturalité est identique... A part quelques très rares exceptions, nenseignent à lécole que des personnes ayant lidentité nationale du pays. Lécole a ainsi été lun des principaux éléments permettant la construction de lidentité nationale par opposition aux autres. Comment imaginer que lécole soit capable dune transformation interne reniant ses propres fondements ? Lécole française sest construite dans la période coloniale. Elle a transmis des savoirs relativement racistes. Elle a cru avoir une mission : celle darracher les enfants à leurs familles... Au XIXe siècle, instruire, cest dabord imposer aux familles lobligation scolaire. Les familles dagriculteurs résistent. On a besoin des enfants pour les travaux des champs. Linstituteur sapproprie comme une victoire le fait que lon interdise aux enfants le travail dans la mine, et cela en est certainement une. Mais, à lépoque, réussir à amener les enfants à lécole, donc à les tirer du travail précoce, est souvent vécu comme une victoire de linstruction contre lignorance et lexploitation. Linstituteur est celui qui libère. La famille est perçue comme une force sociale qui résiste à la socialisation par lécole. Le mouvement de scolarisation a souvent été vécu comme une guerre des enseignants contre les parents... Lenfant qui acceptait les valeurs de lécole trouvait dans son choix de socialisation des avantages substantiels; on lui donnait non seulement des outils de connaissance (lecture et belle écriture), mais en plus des diplômes qui lui garantissaient une promotion sociale... On mesurait mal que cette promotion sacquérait parfois au prix dun renoncement aux valeurs et à la socialisation familiales. Comme le montrait Edmond Demolins il y a un siècle 14 , cette socialisation par lécole excluant la prise en compte des valeurs domestiques était caractéristique de lAllemagne et de la France, moins de la Grande-Bretagne. Lécole allemande avait alors la mission de former des soldats, lécole française des fonctionnaires soumis... E. Demolins voit dans certaines écoles anglaises un modèle plus intéressant dans la mesure où il cherche, dans le prolongement du projet déducation domestique des familles particularistes, à former des hommes indépendants et libres... Lenseignement et léducation sont des enjeux importants où sarticulent la tension entre deux systèmes qui peuvent ou être complémentaires ou concurrentiels à la nation et la famille. Lécole est-elle une extension domestique ou un outil de la nation pour former des citoyens captifs du projet collectif ? Tous les pays européens, au moment où surgit la montée des nationalismes, décident dinvestir sur le développement de lenseignement. Elever le niveau dinstruction simpose du fait du développement du mode de production, mais cest aussi un moyen de donner une culture de base commune à tous les citoyens, à leur transmettre les valeurs nationales souvent enracinée dans lobjectif colonial, laffirmation nationale contre les voisins de lextérieur ou de lintérieur, etc... A chaque guerre, on sarrache une province (l'Alsace, la Lorraine) pour ce qui est des conflits franco-allemands, lest de lAllemagne pour ce qui est de la tension est-ouest en 1948 entre les valeurs américaines et les valeurs communistes... A chaque fois, lécole est un moyen de transmettre la langue, la culture, les valeurs du pays qui gagne tel ou tel morceau de territoire (Pologne, Pays de lest).
Pour ces morceaux de territoire qui passent successivement dun modèle national à un autre, cest la dissociation. Lidentité individuelle passe par des états nationaux ou idéologiques différents. Les Alsaciens sont partagés. Certains deviennent Allemands à part entière en 1870, cest à dire non seulement administrativement, mais de cur. Dautres, au contraire, brodent des drapeaux français quils cachent pour attendre le moment où ils redeviendront Français... Les Polonais vivent le même drame. Pendant la période de domination communiste, certains acceptent les valeurs communistes. Dautres résistent en saccrochant à leurs valeurs religieuses, par exemple, signe de la résistance nationale.
Le groupe trinational est un dispositif aux antipodes de lécole. Alors quà lécole on a un modèle de référence organisationnel et idéologique unidimensionnel, monoculturel, dans le cadre des rencontres trinationales, le modèle organisationnel est à négocier au coup par coup... Alors que toute personne qui est dissociée à lintérieur dun modèle national doit extirper de son être lune de ses appartenances (pour être français, lécole apprend au petit Breton à oublier sa langue maternelle) pour tenter de survivre (sa dissociation est perçue comme pathologique), la situation de rencontre trinationale reconnaît la différence et donc les dissociations constitutives des identités individuelles. Georges Lapassade vient de publier un petit livre précieux 15 qui sinscrit comme suite à ses Rites de possession 16 . Dans cet ouvrage, G. Lapassade tente de reconstruire la genèse de la découverte de la dissociation sur le plan de lhistoire de la psychologie. A la manière de Ganguillem, il refait litinéraire de la construction dun concept, celui de dissociation, qui trouve son origine en 1773 dans les recherches du médecin autrichien Mesmer, prolongées par les études de Puységur (1784)... et qui vont se prolonger jusquà Freud, le premier Freud, celui qui na pas encore inventé la psychanalyse... La dissociation est ce phénomène qui entraîne chez le sujet un dédoublement de personnalité qui lamène à avoir des attitudes différentes selon quil fonctionne dans un rôle ou dans un autre (possession, hystérie, fugue, etc). Il peut ainsi devenir un autre en oubliant, lorsquil retrouve son comportement ordinaire, les actes quil a posé dans son état autre... La posture de G. Lapassade est celle de Janet qui ne voit pas dans la dissociation une pathologie à réduire, mais plutôt un état positif qui peut être considéré comme une ressource. Reprenant Rivers (1920), G. Lapassade constate : Dans la vie quotidienne, bien des circonstances rappellent la dissociation; notamment il nous arrive souvent de passer brusquement dune occupation à une autre très différente sans être le moindrement troublés par les tendances ou les souvenirs correspondant à la première. Le cas diffère de la dissociation morbide, principalement en ce que lexpérience de lune des deux phases demeure facilement accessible à la conscience de lautre... On pourrait considérer le pouvoir que nous avons de passer brusquement dun groupe de préoccupations à lautre comme une forme de dissociation utilisée par le sujet, sous le contrôle des fonctions mentales supérieures, et graduée de manière à satisfaire aux exigences dune vie mentale pleinement développée. Lhypothèse de G. Lapassade, cest quun travail, une initiation, peut aider le sujet atteint de dissociations morbides à se réconcilier avec les différentes dimensions de sa personnalités et à considérer la dissociation comme une ressource, comme une richesse à cultiver. Cette attitude ouvre des possibilités considérables dans le champ de lexploration interculturelle, car il est fréquent aujourdhui de vivre des situations de dissociations interculturelles (vivre entre deux ou trois cultures, avoir le corps entre deux langues, devoir vivre dans des régimes politiques inconciliables, etc.)... Ce petit livre de G. Lapassade pourrait servir de point de départ à des études précises sur la dissociation dans la vie quotidienne. Espérons que G. Lapassade, dans les mois qui viennent, poursuivra cette recherche pleine de ressources pour penser notre post-modernité ! Lidée de Lapassade est quil faut un passeur pour aider le sujet à sapproprier ses dissociations... Jai tenté de montrer ici que la rencontre trinationale de groupes est un dispositif qui peut jouer cette fonction...
Il resterait à explorer les outils à développer dans ce type de rencontre. Un livre allemand récent 17 montre comment lhomme surgit comme objet et comme sujet de lanthropologie en Europe (donc aussi bien en Allemagne quen France). Pour que naisse lanthropologie, il a fallu quà un moment déterminé de lhumanité on se forge une idée de lindividu qui est tout à fait spécifique à la civilisation européenne... Lindividu nest pas seulement un sujet économique, mais une personnalité qui émerge, distincte de ses groupes dappartenance. Cet ouvrage a le mérite de faire surgir, pour le lecteur, la conscience dune pensée européenne bien spécifique qui surgit avec Montaigne et qui se prolonge encore aujourdhui. Une idée qui constitue les Européens daujourdhui, cest que lhomme tout entier se retrouve dans chacun dentre nous. Parler de nous, cest parler de lhomme... Ce regard sur lhomme est également décrit dans un autre ouvrage récent 18 qui montre que notre regard sest construit au gré des découvertes et des révolutions scientifiques, il sest inventé de la rencontre avec lautre mais sest également aveuglé de ses propres certitudes. Les ethnologues faisant métier de regarder et de restituer ont une responsabilité fondamentale dans la construction de la vision de lautre. Une partie de lethnologie a, comme science froide empêtrée dans sa folie de classement de lhomme et ses visées totalitaires, participé à la légitimation des racismes et de lantisémitisme et connu des égarements aux conséquences terribles... Science de lhomme et du doute avant toute chose, ainsi que la présente lauteur, lethnologie est aussi un regard chaud soutenu par la passion du chercheur. En même temps quil appelle à la vigilance extrême face à la remontée des racismes, Pascal Dibie, souligne comme Gebauer que nous avons tous des biens communs qui constituent notre humanité, ne serait-ce que nous soyons tous membres de lespèce cuisinière ! Les groupes trinationaux qui ont la chance de vivre assez longtemps ensemble et donc de se questionner sur le quotidien découvrent vite ces dimensions de vie sociale que nous partageons... Mais ils découvrent aussi la, les différences... Lexploration de lidentité et de la différence peut ou bien déboucher sur la concurrence, la compétition, lexclusion, la guerre ou explorer les possibilités que donne le rapprochement du même et de lautre dans un processus de complémentarité de groupes. Ce travail que lon peut mener en groupe doit sarticuler à lexploration de la construction identitaire individuelle: Comment articuler lexploration de lidentité individuelle et la construction de lidentité collective ?
Il me semble que les écrits biographiques (dont le journal fait partie) sont essentiels à une description de l'interculturel. Ils peuvent très bien appuyer, renforcer le moment de la rencontre car ils permettent darticuler le sujet et le groupe. Trop souvent, lobjet l'interculturel est abordé dun point de vue très général. Il me semble quil est temps aujourdhui daider à lécriture de biographies, dhistoires de vie, de journaux individuels ou de groupes qui rendent compte de la complexité singulière et quotidienne du vécu interculturel...
Le vécu interculturel est très difficile à comprendre, encore plus à analyser. Lorsquon est ballotté entre plusieurs cultures, parvenir à expliciter ce qui vous traverse nest pas uvre facile surtout lorsque ces cultures ont été en conflits entre elles. Cest pourquoi il me semble très important dexplorer les ressources que peuvent constituer les écrits biographiques comme outil pour penser linterculturalité qui nous traverse. Je distingue plusieurs formes décrits biographiques : lhistoire de vie, le journal, la correspondance, la monographie. Je les pratique moi-même et les fais pratiquer à mes étudiants. Ces différentes formes prennent un sens dans la logique des moments (a) et sappuient sur une gestion différente de lexigence de concilier histoire et sociologie, histoire et anthropologie (b).
a) La théorie des moments
Ecrire l'interculturel sorganise en effet autour de lécriture de moments. En français, le terme moment signifie deux choses:
Il peut tout dabord être synonyme dinstant : cest le moment dappeler Georges au téléphone; il doit être chez lui.
Ce peut-être aussi quelque chose de plus complexe qui signifierait alors lespace-temps. On dira par exemple: jaime le moment du repas ou jaime le moment de la promenade.
Les Allemands distinguent ces deux notions en changeant le genre du mot moment (der Moment ou das Moment). Cest dans le second sens que jemploie ici le terme en parlant du moment de linterculturel.
Le philosophe Henri Lefebvre a montré que lanimal ne connaît pas les moments. Il passe du sommeil à la veille, du manger au jeu... sans transition. Pour Lefebvre, ce qui caractérise lhomme, cest sa capacité, contrairement à lanimal, de construire des formes sociales dans lesquelles il se reconnaît, auxquelles il sidentifie. Par exemple, dans la vie, on peut parler du moment du repas, de lamour, du travail, du repos, de lécriture... A chaque moment correspond un dispositif social construit, un cadre, mais aussi une psychologie, un rapport à soi-même qui fait que les uns investissent tel moment et dautres pas. Lidentité du sujet ou des groupes sociaux se construit à travers lorganisation des moments... Les Latins investissent beaucoup le moment du repas, contrairement aux Anglo-Saxons qui le négligent... Il y a des sociétés où le moment de la chasse est important, dautres où il nexiste pas... De même, au niveau des individus. Par exemple, pour moi, le moment de la lecture ou de lécriture sont fortement construits. Ils se sont constitués dune sorte de sédimentation dexpériences, de situations qui forment un humus, une ressource... Ainsi, dès mon adolescence, alors que jétais peu porté à investir sur le travail scolaire, jai pourtant beaucoup investi sur ma bibliothèque, sur ma table de travail.., à partir de 1983 sur mon traitement de texte... Lorsque jai acheté une maison en 1990, la raison en était que je ne parvenais plus à ranger mes livres à Paris et que je rachetais des livres que javais déjà, faute de pouvoir les retrouver... Ainsi la dynamique de vie de chacun se développe suivant une logique de moments quil est possible didentifier et de décrire. Lensemble des moments quune société se donne caractérise cette société. De même pour lindividu...
En ce qui me concerne, si je parle de moment de linterculturel, cest pour dire que cette dimension est, à elle seule, un moment qui doit être distingué dautres moments qui peuvent caractériser limplication sociale du sujet, même si le moment de l'interculturel est fait de transversalités avec les autres moments... Ma manière de manger, de travailler peut être influencée par l'interculturalité qui me traverse... Construire le moment interculturel dans sa vie, cela signifie : lui donner une place, prendre du temps pour faire émerger à la conscience la manière dont sarticule en soi ces influences diverses, parfois contradictoires qui me constituent, qui mont constituées, qui me constitueront, etc. Cest ce moment de l'interculturel que je voudrais aider à décrire, en tentant de proposer des outils permettant de mettre à jour les dimensions historique et structurelle qui constituent ce moment chez moi et chez les autres.
b) Histoire et anthropologie
Le moment est un espace-temps. Il est la sédimentation de situations vécues sur une longue période. Je vis chaque situation nouvelle en la construisant à partir de mes expériences antérieures... Mon moment du repas est à la fois la manière dont je prépare tel repas, mais cette manière de construire cette situation est faites de routines acquises dans des situations antérieures... Mes allants-de-soi pour construire une situation senracinent dans un héritage culturel, social, une sorte de sédimentation de formes sociales dont je suis lhéritier mais que je suis libre de redéployer dans de nouvelles directions.
Explorer un moment passe donc par un mouvement de description de ma manière de fonctionner dans l'ici et maintenant, mais cet ici et maintenant nest compréhensible que si je me lance dans une enquête sur les étapes de fabrication de mes routines. Je dois essayer de comprendre ce qui, dans mon présent, est hérité du passé. Les situations passées oubliées ont été déterminantes pour faire que ma manière dêtre au monde est différente de celle de mes voisins... Toutes les situations vécues nont pas la même force constitutive de ma manière dêtre. Il y a eu des contradictions que jai du assumer. Il y a des choix que jai du opérer. Comme nous lavons vu plus haut, en tant quenfant, on est toujours placé dans une situation interculturelle. Une famille, même unie, est un lieu daffrontement entre la culture du père et la culture de la mère. Ma manière de cuire la viande est un choix que jai fait entre la culture du père et celle de la mère. Ce choix est différent de celui quont fait mes surs ou mon frère, etc. Si cette interculturalité domestique constitue mon moment du repas, mes voyages, mes rencontres avec dautres pays, avec dautres influences, structurent mes moments et introduisent des apports qui nétaient pas présents dans mon histoire denfant... Je prends ici lexemple du repas travaillé également dans le livre de Pascal Dibie, mais on pourrait explorer dautres dimensions de la vie (le choix du conjoint, le travail...).
Limportant est de voir quil faut remonter dans le passé pour comprendre le présent et imaginer vers quoi on tend (étude de nos virtualités)... Lorsque lon travaille dans un contexte trinational, cette exploration du passé peut être douloureuse. Lhistoire est faite de guerres, de conflits, de génocides qui traversent nos familles, nos êtres (individuels et collectifs) au monde... Vivre cinq ans de captivité, trois ans de déportation laisse des traces, même chez les descendants... Le roman familial est parfois fait de suicides, de morts brutales, etc. qui peuvent avoir été traumatisants... Le rapport au travail et à la vie ne sen sortent pas indemnes.
Ce mouvement régressif nécessaire vers le passé et de retour progressif au présent a été systématisé par Henri Lefebvre dans sa méthode régressive-progressive. Cette méthode, philosophique chez Lefebvre, anthropologico-historique chez moi, est proche de la démarche freudienne qui tente de remonter dans le passé du patient pour retrouver les moments traumatiques... Lexploration du moment de l'interculturel au niveau individuel comme au niveau interindividuel ou groupal passe par ce travail régressif-progressif...