Arbeitstexte de travail

Jeunesse, Défense et Sécurité en Europe

avec des contributions de : Johannes Maria Becker, Pascal Dubellé, Jean-Paul Kieffer
Paul Klein, Patrick Mignon, Ulrike C. Nikutta-Wasmuht, Anja Seiffert

 

Sommaire

Paul Klein
Les forces militaires allemandes et françaises et leurs capacités de socialisation dans le contexte des différents systèmes de formation et les échelles de valeurs nationales

2. Les différents concepts et systèmes de formation avec leurs conséquences sur les forces armées

2.1. Notions et pratiques

Les systèmes de formation et les systèmes scolaires en France et en Allemagne ne se distinguent pas seulement du point de vue de leur fondement et de leur structure mais aussi, et cela est dû en partie à des raisons historiques, sur l’appréciation et la conception de ce qu’on entend par éducation et formation. Dans le système français, les mots-clefs sont éducation, enseignement et instruction. Ces trois notions sont en rapport avec aufziehen (former), hineinfügen (introduire) et ausstatten (pourvoir) et insistent ainsi sur le rôle actif et dominant de l’enseignant, conformément à l’orientation ancienne de la transmission du savoir qui met l’élève dans une position de passivité. En allemand en revanche, Bildung (éducation) renvoie à un processus d’autoréflexion. Il n’existe pas de verbe transitif "jemanden bilden" (éduquer quelqu’un) et on ne peut donc que s’éduquer (sich bilden). C’est pourquoi, on peut dire que le système scolaire allemand se réfère encore en grande partie à la devise de Wilhelm von Humbolt qui affirmait : "Eduque-toi toi-même et influe sur les autres par ce que tu es". 9)

La signification des trois mots évoqués précédemment traduit bien ce que sont aujourd’hui les deux systèmes scolaires. Tandis que le système français inculque des normes, des valeurs et aptitudes sociales, l’éducation se faisant ainsi le vecteur de la société, l’éducation (Bildung) allemande, elle, est un procédé de développement qui respecte le libre arbitre de l’individu. Dans la vie scolaire de tous les jours, cela se traduit par le fait que l’école française attache beaucoup plus d’importance à l’apprentissage, au bachotage et que les examens y jouent un rôle-clef dans la sélection. Les élèves et étudiants français se conforment alors beaucoup plus que ne le font les Allemands aux injonctions de leurs instituteurs puis de leurs professeurs. Malgré certaines tentatives de réforme, la participation des élèves aux cours fait encore souvent défaut car, en fait, elle n’est pas souhaitée par le corps enseignant français. Autre conséquence, dans les universités françaises, la règle demeure la conférence classique, au sens du cours magistral, où seul le maître de conférence s’exprime. À la surprise des enseignants allemands invités, mais aussi des participants de notre programme qui ont étudié en France, l’étudiant français hésite à poser des questions ou à exprimer une critique même lorsqu’il y est invité ou encouragé.

En Allemagne, par contre, on s’honore d’avoir recours à des apprentissages autodéterminés et du fait que l’élève participe à l’élaboration des cours ; mais on oublie souvent qu’un manque de directivité ou des conduites trop lâches des enseignants peuvent produire des pertes de performances et conduire ainsi à une baisse du niveau scolaire préjudiciable au développement social. Cela aussi contribue au fait que le système scolaire allemand est considéré au plan international comme étant, au moins partiellement, peu efficient et peu productif.
Sur ce fond du sens différent qui leur est attribué et des pratiques qui en découlent, il n’est pas étonnant de constater qu’il existe des différences structurelles entre les systèmes d’enseignement français et allemand et que certains éléments ne se retrouvent pas dans l’autre pays.


2.2. Les systèmes scolaires et de formation en France et en Allemagne

Tout comme les enfants allemands, les enfants français fréquentent, à partir de leur sixième année, l’école élémentaire (Grundschule), mais ceux-ci, contrairement à ce qui existe en Allemagne, y passent cinq ans au lieu de quatre. L’école élémentaire est précédée par ce qu’on appelle l’école maternelle qui regroupe 35 % des enfants de deux ans, 99% des enfants de trois ans pour atteindre 100% des enfants de quatre et cinq ans
10) et où ces enfants reçoivent déjà une forme d’enseignement pré-scolaire; cette école maternelle est assez comparable aux jardins d’enfants (Kindergarten) qu’on retrouve en Allemagne. Après l’école élémentaire, le petit Français fréquente le collège unique pendant quatre ans et ne connaît pas, comme en Allemagne, l’orientation entre Hauptschule et Realschule à l’exception d’une petite minorité, qui après leur septième année de scolarité, vont vers des cours de formation professionnelle. Passé le collège, vient le lycée (Gymnasium) qui dure trois ans dans le cycle d’étude générale et deux ans dans les lycées professionnels. À l’issue, intervient, comme en Allemagne, la sanction du baccalauréat (Abitur) qui revêt bien sûr plusieurs formes. Ainsi existent diverses sections en philosophie, langues modernes, littérature, sciences mathématiques, physiques et techniques, économie et sciences sociales.

A la différence de ce qui se pratique en Allemagne, les élèves français passent leurs journées entières en classe et cela de la maternelle au lycée ; ils sont ainsi beaucoup plus encadrés que ne le sont les enfants allemands. Il convient d’ajouter, qu’existent aussi nombre d’internats où les élèves de France résident la semaine durant. C’est pourquoi, force est de constater qu’à la différence de ce qui se fait en Allemagne, pour le petit Français, dès l’âge de trois ans, l’environnement scolaire devient l’instance dominante de socialisation. Ceci se fait au détriment de l’influence parentale malgré la durée relativement importante des vacances scolaires.

Pour ce qui est de la formation professionnelle, en dehors des universités et des instituts professionnels supérieurs, celle-ci se partage en Allemagne entre une partie théorique en école professionnelle et une autre pratique dans le milieu du travail. En France, en revanche, les jeunes sont scolarisés pendant deux ans et seule une minorité fait l’expérience d’une double formation théorique et pratique comme apprenti en entreprise et élève d’un centre de formation. Ces diverses formations professionnelles débouchent soit sur un certificat d’aptitude professionnelle, CAP, soit, après deux années passées en lycée d’études professionnelles, sur l’acquisition d’un brevet d’études professionnelles, BEP, qui désigne une qualification spécifique à un domaine professionnel donné. Après avoir obtenu son diplôme, vers l’âge de 17 ans, le jeune Français se met à la recherche d’un emploi pour lequel, notamment avec le BEP, il ne dispose que d’une qualification assez générale.

Avec son baccalauréat en poche, le jeune Français, tout comme son collègue allemand, peut s’inscrire à l’université ou, depuis seulement quelques années, dans des écoles professionnelles qui forment les cadres moyens. S’il veut intégrer les emplois de cadres supérieurs en politique, dans la haute administration, dans l’industrie le commerce ou même l’armée, il lui faut passer nécessairement par la voie des écoles spéciales, les Grandes Ecoles, qui, en Allemagne, ne rencontrent pas d’équivalent. On y reçoit alors une formation théorique, puis, en un second temps, pratique, en fonction de l’activité choisie. A l’heure actuelle, il existe en France plusieurs centaines de ces Grandes Ecoles dont près de la moitié d’entre elles conduisent à des postes de direction. Parmi ces Ecoles, la plus connue est sans nul doute l’Ecole Nationale d’Administration, l’ENA, qui forme les cadres politiques et administratifs. Celui qui en sort fait partie des "Enarques" et a ainsi devant lui, en général, une grande carrière.

L’accès aux Grandes Ecoles est extrêmement difficile et seule une petite minorité des nombreux candidats réussit le concours d’entrée. On s’y prépare pendant deux ans dans des classes pré-paratoires qui sont annexées le plus souvent à des lycées. Malgré cette préparation, seuls 10 % des candidats parviennent à leurs fins. Tous les autres échouent. Les lauréats ont alors franchi l’obstacle déterminant. Celui qui parvient à entrer dans une école d’élite est alors rarement éliminé. Ensuite, le rang obtenu à l’examen final est de la plus haute importance, car les meilleurs ont l’avantage de choisir en premier leur poste, alors que ceux qui font moins bonne figure se contentent des places restantes.


2.3. Conséquences pour les forces armées

La différence des systèmes d’enseignement et des principes qui les régissent ont des conséquences dans le recrutement et la formation des officiers et sous-officiers tels qu’ils s’effectuent en France et en Allemagne ; de même cela se traduit dans le climat qui règne à l’intérieur de l’armée.

En ce qui concerne les sous-officiers, existent en France plusieurs filières d’accès. Le chemin le plus commun, emprunté par les 2/3 des candidats, est celui qui passe par les Ecoles de sous-officiers des divisions d’armes. On intègre ces Ecoles soit par le biais de classes préparatoires, soit en venant directement du civil. En raison du système éducatif français, la plupart des recrues sous-officiers ne disposent d’aucune formation ni expérience profession-nelle. Ils sortent directement du système scolaire avec le plus souvent un CAP ou un BEP mais aussi, parfois, avec un bac. Il en va de même pour ceux qui s’engagent après avoir effectué leur service militaire
11) ; ils viennent tout juste, en général, d’achever leurs études.

La carence d’expérience professionnelle ou sa simple ébauche a des conséquences pour ces sous-officiers. Leur formation doit être complétée ou acquise durant le temps passé dans l’armée, sous peine de rendre difficile un retour à la vie civile. Il s’agit là d’un problème nouveau puisque, dans le passé, l’armée française n’avait pas l’habitude des contrats d’engagement de courte durée, avec retour à la vie civile, mais connaissait plutôt la tendance qui conduit à la vocation de sous-officier de carrière qui, une fois passé quinze ans de service, pouvait jouir d’une pension de retraite sitôt quittée l’armée. Ainsi le temps moyen passé dans l’armée est sensiblement plus long en France que dans la Bundeswehr. Ce temps comporte, certes, le risque d’un vieillissement des sous-officiers, mais il garantit aussi un professionnalisme et une perception fine en matière militaire.

Contrairement à ce qui se produit dans l’armée française, nombre de sous-officiers de la Bundeswehr s’engagent après avoir déjà exercé une profession dans le civil ; en revanche, on compte peu de bacheliers parmi eux. Certes, il y a des sous-officiers de carrière qui effectuent l’ensemble de leur vie professionnelle dans l’armée, mais ils représentent l’exception plutôt que la règle. La plupart des sous-officiers de la Bundeswehr servent de quatre à quinze ans puis retournent travailler dans le civil. C’est une des raisons qui fait que le soldat allemand reste plus attaché que le Français à son environnement civil. Cette situation peut entraîner un manque de professionnalisme comme elle peut parfois produire un spécialiste reconnu. Cela est perçu par les Français, mais ils considèrent néanmoins, et généralement, que leurs camarades allemands sont des fonctionnaires en uniforme. Dans la Brigade franco-allemande, sujet d’étude de sa thèse de doctorat, Gilles Robert écrit : "to this extent, it is noticeable that German personnel of the brigade tend to stadardization through a functional conception of the service. German personnel are civil servants of the Defense Department. They think on a professional basis free from all ethical legitimacy what guarantees a good efficiency in the achievements of tasks. However, some perverse effects may be attributed to this model, such as becoming a personnel into public service, working routine together with conformism and protectionism". 12)

En ce qui concerne les officiers, le Ministère français de la Défense recrute ses cadres supérieurs comme les autres Ministères, c’est-à-dire à partir de ses propres écoles d’élites : pour l’Armée de Terre, à l’Ecole Spéciale Militaire (ESM) de Saint Cyr à Coëtquidan, pour la Marine, à l’Ecole Navale de Lanveoc-Poulmic, et pour l‘Armée de l’Air à l’Ecole de l’Air de Salon-de-Provence. Comme pour les autres Grandes Ecoles, l’accès au concours nécessite deux années de préparation qui s’effectuent dans un certain nombre de lycées ainsi que dans des lycées militaires spécifiques que l’on ne trouve pas en Allemagne. Lorsqu’on appartient aux heureux élus, la formation d’officier requiert trois ans avec une partie scientifique théorique de niveau universitaire combinée avec une période de pratique militaire. A la fin de ce cursus, un examen final attend l’officier en herbe auquel il convient d’être le mieux placé possible. Comme pour les autres Grandes Ecoles, le meilleur choisit son poste en premier, le dernier prend ce qui reste.

Contrairement à une opinion largement répandue dans toute l’Allemagne, et logiquement retrouvée parmi la majorité de nos participants allemands, tous les officiers de l’armée française ne sont pas issus des Grandes Ecoles d’Armes. Dans les faits, c’est quantitativement plutôt le contraire. Près des 2/3 des officiers d’active viennent du corps des sous-officiers ou sont d’anciens officiers de réserve.
13) Exception faite de quelques officiers occupant des emplois particuliers, la possibilité d’accéder au niveau le plus élevé de la hiérarchie reste ouverte à chacun des membres du corps des officiers. Néanmoins, dans la pratique, un ancien élève des Grandes Ecoles a de meilleures chances d’y parvenir. Tout comme dans les autres domaines du service public, du commerce, de l’industrie ou de l’économie, les postes à haute responsabilité reviennent dans l’armée aux seuls anciens élèves des écoles d’élites. Tout comme avant, on tient pour une distinction de marque le fait d’avoir fréquenté l’ESM de Saint-Cyr, et plus encore si on est d’une promotion prestigieuse car alors, les liens entre anciens élèves constituent ultérieurement un dense réseau de relations. Ce qui est valable pour l’Armée de Terre l’est aussi dans la Marine et l’Armée de l’Air.

Celui qui devient officier après être passé par les Grandes Ecoles d’armes reste en général dans l’armée jusqu’à l’âge de sa retraite dont il peut, contrairement à ce qui existe en Allemagne, déterminer lui-même le moment du départ, après avoir, cependant, servi 25 ans (années d’études comprises). S’il dispose bien de meilleures opportunités de carrière, l’officier français souffre d’un défaut de formation qui lui permettrait d’accéder à d’autres postes élevés en dehors du service public. La formation dispensée dans les écoles d’officiers se révèle donc comme un avantage si on considère le degré de plus en plus élevé de professionnalisation mais aussi comme un inconvénient. Dans l’ensemble, notons aussi que le concept d'élite dans le corps des officiers est entretenu et pérennisé par les anciens issus du système instauré par les Grandes Ecoles.

Jusque dans les années 1970, la formation des officiers allemands ressemblait à grands traits à la formation française. Elle se déroulait ainsi pour l’essentiel en alternant théorie et pratique dans des écoles d’officiers et d’hommes de troupes. Mais dès le départ, il lui manquait le caractère égalitaire avec la distance entre les groupes de gradés. Ainsi, dans l’armée allemande, le début de la formation s’effectuait, jusqu’à aujourd’hui, au sein de mêmes ensembles, réunissant des officiers, des hommes du rang et des élèves sous-officiers. Depuis 1973 se trouve au centre de la formation des officiers des études similaires au civil dans les deux universités de la Bundeswehr située à Munich et à Hambourg. Ainsi les matières enseignées sont les mêmes que celles des universités civiles et les diplômes délivrés y sont unanimement reconnus.
14)

La raison principale qui conduisit à l’introduction d’études civiles fut le fait que, contrairement à se qui se passe dans l’armée française, une grande part des officiers allemands ne restent qu’un temps dans l’armée et s’en retournent ensuite à la vie civile. Afin de faciliter cette transition, mais aussi de rendre attractive une activité temporaire dans les forces armées, la Bundeswehr s’est sentie obligée de proposer un cycle d’études supérieures ouvrant sur un emploi dans le civil ; une autre raison étant que les postes à responsabilité sont censés être fondés et reconnus sur la base d’un acquis universitaire. Par son érudition, on espérait améliorer l’image du métier d’officier de carrière, pouvant être, ce faisant, considéré au rang d’un emploi académique.

L’introduction des études a permis un élargissement de la base de recrutement des officiers et ne sont plus rares désormais les candidats issus de la classe moyenne ou même de la classe ouvrière
15). Cela conduisit à ce que Detlef Bald évoquait, en 1977 déjà, à un embourgeoisement du corps des officiers. 16) L’influence du système scolaire et de formation de la République fédérale se traduit dans le fait que le Bac (Abitur) est resté la condition nécessaire pour atteindre la position d’officier de carrière. La conséquence est que peu de sous-officiers passent dans le corps des officiers d’armes. Il ne leur reste que la possibilité de devenir officier du service militaire où, en règle générale on ne peut dépasser le grade de capitaine, exceptés quelques cas rares devenus officiers supérieurs.

En ce qui concerne les relations interpersonnelles au sein des armées des deux Etats, on ne peut que constater des particularités en rapport plus ou moins direct avec les différents systèmes éducatifs.

Venant directement de l’école où ils étaient amenés à tenir un rôle plutôt passif, la plupart des jeunes Français qui entrent dans l’armée, soit comme engagés volontaires soit comme appelés du service national, sont donc habitués à accepter l’autorité et un système de commandement qui repose sur l’obéissance. Aussi, on peut s’attendre à ne rencontrer qu’assez peu de difficultés d’adaptation aux conditions de la vie militaire.

Il en va tout autrement de leurs camarades allemands. Ceux-ci, en effet, ont soit déjà exercé une fonction où ils avaient une relative indépendance, et le cas échéant, gagnaient bien leur vie, soit ils sortent de l’école dans laquelle individualité et autodétermination ont joué un rôle important. Dès lors, se résigner aux conditions de la vie militaire leur est difficile et déplaisant. Même si la solde est copieuse en regard de leurs homologues français, les appelés allemands, qui occupaient préalablement un emploi, se sentent rabaissés, ne recevant plus que de l’argent de poche, et par ailleurs, comme leurs camarades issus directement du "lycée", les restrictions portées par l’environnement militaire à l’exercice de leur liberté sont ressenties comme inadmissibles. Il leur est donc rendu difficile d’accepter des ordres d’autant qu’il n’est pas rare que la perception de leur sens soit confuse. Ces jeunes considèrent les usages militaires comme trop frustes et l’obligation qui leur est faite de s’adapter à une vie en communauté comme une gêne. Ces jeunes recrus, qui sortent de l’école, sont habitués à porter un jugement critique et ont également appris à s’informer de leurs droits. C’est ce qu’ils continuent de faire dans le milieu militaire ce qui ne contribue pas toujours à faciliter les relations entre supérieurs et subordonnés. Ceux qui occupaient un emploi avant leur incorporation dans l’armée veulent également, en général, exercer ce même emploi dans l’armée. Si c’est le cas, alors ils ont l’impression qu’on ne leur donne pas assez d’activités, et dans le cas contraire, ils s’estiment défavorisés et réagissent conformément à leur mécontentement.

Les recrus militaires de France et d’Allemagne ne font pas seulement la rencontre dans leurs armées respectives de systèmes de valeurs différents à ceux qui leur sont proposés dans le civil, mais ils viennent également de sociétés dont les échelles de valeurs ne correspondent pas toujours l’une avec l’autre.

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