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Rencontres d'enfants de 9 à 11 ans, élèves allemands et français |
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Les deux études suivantes, rédigées par Lucette COLIN et Margot UMBACH, traitent de programmes d'échanges entre écoliers français et allemands âgés de 9 à 11 ans, qui se rencontraient en groupes de classes scolaires pour des séjours dans des "classes de nature et de découverte". Ces travaux reposent sur des observations relevées en cours de participation à ces rencontres binationales organisées en coopération avec les enseignants de deux écoles de chaque pays, avec des responsables de la Ligue Française de l'Enseignement et de l'Education Permanente et de l'"Arbeiterwohlfahrt". L'objection, quant à la possibilité de transposer à d'autres rencontres l'expérience acquise dans celles-là, c'est qu'il existerait "encore", à cet âge, une spontanéité et une recherche de contacts, de sorte que les conclusions tirées des expériences vécues avec des enfants ne seraient pas applicables à des adolescents ou à des adultes En fait on constate -et cela peut surprendre certains lecteurs- que dans cette spontanéité tellement prisée, on voit déjà s'exprimer des formes de comportement vis-à-vis de l'autre, de l'Etranger, qui peuvent nous fournir des éléments de compréhension concernant les comportements des adolescents et des jeunes adultes à l'occasion des rencontres avec des participants et des groupes originaires d'autres cultures. C'est que les processus d'enculturation, d'éducation et de socialisation ont pour effet de faire intérioriser par l'enfant une part importante du monde des adultes qui l'entoure et de continuer à faire vivre une part importante de l'enfance dans chaque adulte : les différences entre les classes d'âge ne sont pas aussi grandes que certains adultes le croient. Ces rencontres d'enfants fournissent aussi d'excellentes indications sur les processus de régulation des distances. Les relations de proximité et d'éloignement montrent par exemple qu'un sentiment de confiance peut coexister avec celui d'une désorientation et de trouble en face de l'Etranger, les deux pouvant très bien être "vécus" simultanément et se laisser conjuguer l'un avec l'autre. A ce propos, il s'avère très important de pouvoir accepter et même favoriser des possibilités de "repli" des participants aux rencontres sur leur propre culture, c'est-à-dire sur leur groupe national. Tous ces éléments d'observation sont utilement transposables aux autres rencontres de jeunes et de moins jeunes lorsque ces dernières réservent une place importante au vécu des participants, ce qui est souvent interprété à tort comme devant se faire au détriment des objectifs officiellement inscrits au programme. En ce qui concerne ces objectifs, l'expérience faite avec les groupes d'enfants de 9 à 11 ans porte à penser qu'il convient de ne pas "viser trop haut" et notamment de ne pas rechercher d'emblée la "suppression" des préjugés. Les adultes approcheraient davantage la réalité s'ils apprenaient à vivre avec leurs préjugés et stéréotypes, à les relativiser et à les exprimer plus consciemment et plus ouvertement. L'expérience porte aussi à considérer que les apprentissages interculturels et internationaux -qui reposent sur le principe de l'égalité dans les relations entre participants aux rencontres et groupes appartenant à des cultures différentes- ne peuvent se développer que grâce à des processus pouvant s'inscrire dans le long terme d'une éducation et d'une socialisation de l'individu. Les conditions permettant ces apprentissages exigeraient par conséquent l'organisation de programmes d'échanges internationaux permettant à chaque individu, jeune ou adulte, de participer à de multiples rencontres. Ces dernières devraient être animées par des adultes spécialement formés et capables de créer des situations suffisamment "ouvertes" pour éviter la reproduction de programmes stéréotypés ou trop enfermés dans l'ethnocentrisme des héritages nationaux Lucette COLIN et Margot UMBACH étaient convenues de traiter les échanges scolaires dans des perspectives différentes. C'est pourquoi on se trouve confronté d'un côté à la description aussi "plastique" que possible des situations de rencontre, afin d'évoquer chez ceux qui n'ont pas participé au projet des images "reconnaissables" dans leurs propres pratiques d'échanges. De l'autre côté les déroulements concrets deviennent base de réflexions générales sur les apprentissages interculturels et la possibilité de les transposer à des situations pluriculturelles à l'intérieur de chacune de nos sociétés. |