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Rencontres d'enfants de 9 à 11 ans, élèves allemands et français |
Margot Umbach
Rencontres d'enfants de 9 à 11 ans
Développement des contacts, proximité - distance
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C. RESUME
Les enfants apprennent, par l'expérience, qu'il est possible de vivre dans un groupe binational avec toute une série de difficultés et malgré elles. Beaucoup de problèmes peuvent être travaillés, d'autres non. Selon mes observations, devant ces difficultés, jamais personne ne s'est laissé décourager.
1. Réflexions à propos de la classe d'âge : « enfants » Par rapport à des rencontres franco-allemandes avec d'autres classes d'âge, il m'est notamment apparu chez enfants de 9 à 11 ans :
2. A propos de l'importance de "se familiariser avec" et de "faire des expériences" avec des étrangers et à l'étranger En temps de guerre, les soldats doivent, sous peine de mort, se plier à un interdit absolu : ne pas avoir de contacts personnels avec la population déclarée ennemie. Cette distance par rapport à des inconnus facilite le fait de leur nuire ou de les tuer. La propagande se charge de décrire négativement les ennemis. Ils sont affublés de qualificatifs bestiaux en vue de faciliter l'acte meurtrier : il faut supprimer les bêtes féroces. Parce que les ennemis sont des bêtes féroces, il faut en délivrer le monde en les tuant. Un exemple actuel nous en est donné par le jargon d'entraînement des "Green Berets", la troupe d'élite la plus dure de "US Army". Nuancer, avoir des contacts avec l'ennemi, est mauvais pour le moral des troupes et en tant que tel formellement déconseillé. Celui qui n'a jamais eu de relations, jamais fait d'expériences avec des étrangers, celui qui a peur d'être anéanti par eux ou obligé d'abandonner ce qui culturellement lui tient le plus à coeur, parce qu'il n'a aucune idée de ce que peut être la relation, la vie commune avec des étrangers, celui-là risque de devenir, en cas de guerre, une proie facile pour les appareils de propagande nationaux qui tendent toujours à transformer -comme l'histoire l'a montré- l'étranger en ennemi pour servir les intérêts politiques dominants. Dans ce contexte historique, il me paraît absolument nécessaire, au niveau des recherches, de s'intéresser davantage aux enfants.
3. Hypothèses Mes observations m'amènent à formuler les hypothèses suivantes qui restent à approfondir. Les rencontres de ce type permettent aux enfants :
Ce goût pour l'exploration des différences peut être encouragé fortement par des adultes eux-mêmes intéressés par ce type de "découvertes". La qualité du vécu commun, décisif pour des enfants de cet âge, c'est probablement : se sentir à l'aise, pouvoir rire, avoir confiance et sympathiser, mais aussi faire l'expérience de conflits, de discussions, de confrontations au sein d'un groupe franco-allemand. Ce sont essentiellement les vécus, sur le plan émotionnel et affectif, qui rapprochent ou séparent les individus, et ceux de l'enfance marquent profondément, souvent pour le restant de la vie. C'est de la qualité du vécu que dépend le désir de se revoir et de rester en contact. C'est de là aussi que vient souvent le désir d'apprendre l'autre langue. Après avoir participé à une rencontre, 60 à 70 % des enfants ont choisi d'apprendre la langue de l'autre. |