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Des recherches qui ouvrent de nouvelles perspectives en Europe :
L’OFAJ ET LES EXPLORATIONS INTERCULTURELLES

 

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LES PROGRAMMES DE FORMATION-RECHERCHE A L'OFAJ


X. Conclusions


Prenant appui sur les expériences faites en France et en Allemagne par les institutions nationales, publiques et privées déjà engagées dans des relations internationales, la décision de créer l'O.F.A.J. a permis de mettre en place une institution originale et anticipatrice qui, si elle veut réellement remplir sa mission, doit exercer son influence des deux côtés du Rhin avec un évident souci de loyauté binationale. Une loyauté qui prend naissance dans la complexité de deux sociétés différentes et dont la plurivocité ne peut pas toujours être bien et rapide-ment comprise dans chacun des deux pays, car elle est nécessaire-ment ressentie comme familière et étrangère à la fois.

Il s'agit là d'une création institutionnelle et politique tout à fait nouvelle et dont les conséquences - beaucoup d'observations le montrent - restent insuffisamment perçues par de nombreux organisateurs d'échanges.

Depuis la création de l'O.F.A.J. en 1963, les perspectives, qui, originairement, déterminaient sa mission, ont changé.

La réconciliation franco-allemande était la condition préalable à la mise en place d'une politique de coopération et de solidarité entre la France et l'Allemagne.

Le rôle historique de "LA jeunesse" franco-allemande, en tant que force symbolique, facilitatrice et médiatrice d'une politique de réconciliation, s'achève.

Au fur et à mesure que dans les relations entre les deux pays, le rôle symbolique de "LA jeunesse" diminue en importance, augmente celui des jeunes, dans leur irréductible diversité, qui consiste notamment à devenir des adultes et des citoyens.

Pour participer dans le cadre de "LA jeunesse" à l'oeuvre de réconciliation, il n'était pas nécessaire d'avoir des compétences particulières : il suffisait d'être jeune.

Tenir sa place de citoyen dans des nations européennes interdépendantes, coopérantes et solidaires, demande des compétences internationales et interculturelles que la plupart des adultes n'a jamais eu l'occasion d'acquérir. Dans une Europe de libre circulation des hommes, des images, des écrits, des idées, des produits et des marchandises, il ne suffit pas en effet d'ajouter de "l'international" à la formation nationale des individus. Il faut AUSSI créer des enseignements et des apprentissages nouveaux capables de déplacer des "frontières" psychologiques, mentales, intellectuelles et de réaménager des 'territoires" sociaux, culturels et politiques.

Comment les jeunes pourraient-ils acquérir des compétences internationales et interculturelles nouvelles sans l'aide des adultes qui gèrent, administrent et dirigent les institutions nationales d'enseignement, de formation et d'information ? et dont la mission est aussi de former de futurs citoyens ?

L'O.F.A.J. et ses partenaires se trouvent placés devant l'une des nouvelles phases de leur mission franco-allemande.

Ils devraient contribuer à la formation des futurs citoyens par :

  • la création de lieux nationaux, binationaux et plurinationaux de réflexion et de recherches pratiques et théoriques concernant les enseignements et les apprentissages nouveaux à promouvoir dans le domaine de la formation des citoyens;
  • lieux destinés, entre autres, aux responsables et aux dirigeants non directement engagés dans les échanges franco-allemands de jeunes et qui, dans tous les secteurs de la vie nationale, conçoivent et font appliquer les politiques d'enseignement, de formation et d'information des jeunes.

Parmi les moyens dont dispose l'O.F.A.J. et ses partenaires pour rester proche des réalités de la vie des jeunes et des adultes de nos deux pays, les programmes de formation-recherche constituent un instrument important de mise à jour des capacités d'intervention de l'institution.

Il convient de poursuivre et de développer les travaux de formation-recherche. Pour cinq raisons au moins, outre celle énoncée ci-dessus :

  • Ces travaux constituent l'un des apports essentiels à la formation des chercheurs et des formateurs de haut niveau. Il n'y a pas de politique de formation possible sans formateurs qualifiés;
  • ils contribuent à produire des savoirs nouveaux pouvant aider à comprendre les difficultés, les défis, les effets et les enjeux des échanges de jeunes conçus comme étant l'une des composantes d'une politique de relations extérieures des nations (par exemple, en Europe, avec son projet de construction d'une Communauté Européenne);
  • dans le domaine particulier de la pédagogie des échanges internationaux de jeunes, ils permettent de produire des textes, des brochures et des ouvrages ayant des effets formateurs et multiplicateurs importants à tous les niveaux (mais, pour des raisons budgétaires, quantitativement limités). Il faut le souligner ici : grâce, entre autres, aux travaux de formation-recherche, l'O.F.A.J. est l'une des rares institutions en Europe (et dans le monde) capable actuellement de jouer un rôle exemplaire d'élucidation, d'exploration, de prospective et d'anticipation dans le domaine des pratiques, des méthodes et des connaissances à acquérir pour rendre productifs les échanges de jeunes. L'O.F.A.J. remplit ainsi son rôle qui est, aussi, d'offrir "un champ d'expérimentation pour un travail européen de jeunesse" tel qu'il est demandé par les Directives de son Conseil d'Administration (1.3.);
  • ils ont des effets positifs sur les pratiques et les évolutions conceptuelles des programmes;
  • ils se sont fait reconnaître par de nombreux organisateurs et animateurs et par d'autres institutions internationales.

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