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Réflexions à propos d'une formation des animateurs et des responsables des rencontres |
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VIII. UNE AUTO-FORMATION
La formation à une animation interculturelle, telle qu'elle est d'ores et déjà conçue par un certain nombre d'organisateurs de rencontres franco-allemandes et internationales, n'est pas structurée par un système de références plus ou moins fixées tel qu'il en existe dans la pédagogie scolaire ou la formation professionnelle. En dehors du fait qu'il ne s'agit pas de donner des structures, mais bien plus de mettre les personnes concernées en mesure de prendre en compte d'autres structures que les leurs, la diversité actuelle des offres et des formes de formation est essentiellement liée au caractère encore expérimental de presque tout ce secteur. Et une structuration trop marquée de ce type d'apprentissage n'améliorerait sûrement en rien la qualité de ce champ. Au contraire, elle risquerait bien davantage de créer de nouvelles oeillères, ce qui irait à l'encontre de l'ouverture souhaitée vis-à-vis de l'autre, de l'étranger. C'est pourquoi, avoir suivi une formation, même spécifique, ne devrait pas être considéré par un animateur ou un enseignant comme suffisant en soi pour lui permettre de répondre aux exigences d'une animation interculturelle. La formation en tant que telle n'est qu'une phase dans un processus qui se poursuit au fur et à mesure des expériences d'animation des uns et des autres. C'est un moment pendant lequel il s'agit bien plus de déclencher une dynamique interrogative, donnant envie de continuer à apprendre, de continuer à approfondir telle ou telle question, de réfléchir à partir de ses expériences pratiques d'animation et de continuer à "creuser" ce qui, dans la pratique des échanges, a posé problème. Formateurs, animateurs, enseignants et participants engagés ensemble dans une démarche interculturelle, sont tous en recherche dans un champ encore neuf et ouvert où les questions sont parfois plus nombreuses que les réponses. Mais tout le monde ne se sent pas à l'aise dans une démarche de ce type. Certaines personnes ont besoin, dès le départ, de concepts précis et partagés par tous, de questions clairement posées et de réponses sans ambiguïté. Les hésitations sont facilement considérées comme des marques d'incompétence et les nuances, les différenciations comme complications à plaisir. Ceux qui vivent mal des situations où l'on ne peut échapper à la confrontation de perceptions différentes non réductibles les unes aux autres, ceux qui supportent mal des démarches dont on ignore partiellement l'issue auront plus de difficultés que d'autres à "rentrer" dans la logique, souvent différente, d'une autre culture. Et ils auront sans doute aussi plus de difficultés à trouver une forme de relation avec des représentants d'une autre culture qui donne l'impression à ceux-ci que l'altérité a droit de cité, c'est-à-dire qu'ils peuvent être ce qu'ils sont. |