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Réflexions à propos d'une formation des animateurs et des responsables des rencontres
PROMOUVOIR LES APRENTISSAGES INTERCULTURELS


V. S'IMPLIQUER


Au niveau de la compréhension de ce qui vient d'être développé, l'apprentissage interculturel sera d'autant plus fructueux, d'autant plus approfondi que les animateurs des échanges seront eux-mêmes rentrés dans cette démarche avec ces problématiques, qu'ils s'identifieront avec ce travail. Jusque là, rien de très nouveau.

Mais cela signifie aussi que des animateurs porteurs d'un tel projet pédagogique essaieront de gagner les participants à leur vision et qu'ils le montreront ouvertement. Une telle attitude est sûrement préférable à une soi-disante neutralité qui ne fait qu'occulter les buts - et tous en ont - poursuivis par les animateurs. Tous ceux qui parleraient de "manipulation" devraient se demander laquelle de ces démarches est mieux à même de permettre aux participants de prendre position eux-mêmes, y compris de façon tout à fait opposée.

La démarche interculturelle, en tant qu'apprentissage relationnel, met en évidence un aspect de tout apprentissage social : ce n'est que le vécu qu'il est possible de transmettre réellement. Personne ne sera en mesure de convaincre quelqu'un d'autre de l'importance des relations interculturelles, de s'intéresser à d'autres cultures aussi bien qu'à la sienne, s'il est lui même insensible dans ses comportements et dans ses attitudes à l'égard de personnes appartenant à sa propre culture ou à une culture différente.

Bien sûr, personne ne peut et ne doit être forcé d'acquérir une telle sensibilité, mais sans elle les animateurs ne pourront oeuvrer dans le sens d'une démarche interculturelle.

Et ce n'est pas la moindre des fonctions des stages de formation que de permettre aux futurs animateurs d'échanges de réexaminer leur propre goût, leur engagement dans ce travail et leur implication dans les questions soulevées par les relations internationales et interculturelles.

Il est bien évident que ce qui est vrai pour les animateurs d'échanges l'est d'autant plus pour les formateurs engagés dans les stages : eux aussi doivent s'interroger sur leur implication dans ce champ d'apprentissage et sur l'importance qu'ils attachent à ce qui se passe comme "négociations", dans les stages, au niveau des deux cultures, l'autre et celle d'origine.

Pour éviter tout malentendu, il ne s'agit nullement d'exclure des échanges internationaux ceux parmi les animateurs qui ne se sentent pas profondément motivés par cette démarche. Mais ils ne faciliteraient la vie ni à eux-mêmes ni aux autres en acceptant des fonctions qu'en réalité ils ne souhaitent ou ne peuvent pas remplir.

Une démarche interculturelle n'est pas n'importe quelle approche de l'étranger et des étrangers. Les programmes qui visent cet apprentissage se différencient de ceux qui - tel le tourisme international - laissent au hasard le soin de veiller à ce que les participants apprennent.

Dans le cas d'une démarche interculturelle, thèmes, contenus et formes de la rencontre sont volontairement choisis pour permettre une approche réelle des cultures en présence.

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