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Réflexions à propos d'une formation des animateurs et des responsables des rencontres |
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IX. QUELQUES THEMES - ELEMENTS D'UNE PRATIQUE DE FORMATION DANS LE DOMAINE DE L'APPRENTISSAGE INTERCULTUREL
10. Méthodes Plus les auteurs ont avancé dans leurs expériences de formation bi ou trinationale et dans l'analyse de ces expériences, plus leur scepticisme a grandi quant à l'emploi, dans les stages, de méthodes pédagogiques habituellement utilisées dans les formations nationales de l'un ou l'autre des pays concernés. En effet, qu'il s'agisse des formes habituelles de travail en groupe, des méthodes utilisées pour rendre apparente leur structuration, des exerci-ces de prise de décision ou même des jeux" facilitateurs de communi-cation, aucune de ces méthodes" n'est culturellement neutre. Elles sont toutes l'expression de normes et de valeurs propres à chaque culture et les réactions qu'elles provoquent chez des participants de cultures différentes ne sont donc pas toujours les mêmes Deux exemples parmi beaucoup :
Autre exemple :
Ces deux exemples mettent en lumière le fait suivant : celui qui s'insère, sans réagir, dans un cadre qui le rend mal à l'aise, renonce à faire vivre à d'autres l'expérience du contact avec sa culture, en laissant tomber", le cas échéant, ceux parmi les participants de son groupe national qui réagissent et dont le comportement risque d'être interprété uniquement sur le plan individuel, ce qui peut entraîner des reproches se situant sur le même registre : voilà quelqu'un qui a des problèmes personnels. Cela peut aller encore plus loin : si les anima-teurs ne créent pas les conditions nécessaires à des lectures" inter-culturelles des expériences, les participants croient eux-mêmes qu'ils ont des difficultés personnelles, même s'il n'en est rien en réalité sur le plan intraculturel. Par ailleurs, nous comprenons parfaitement la demande de nombre d'animateurs qui désirent des méthodes appropriées au champ interculturel, celui-ci étant beaucoup plus large et plus complexe et qui est donc plus difficile à pénétrer que le cadre national. Ceci d'autant plus que nous avons tous tendance à lire tout ce qui vient d'une culture à partir des grilles de notre propre culture. Mais cette tendance est ren-forcée par l'utilisation de méthodes qui ne sont pas neutres sur le plan culturel, et, le cas échéant, elles contribuent assez souvent à provoquer des non-compréhensions et des réactions qui, à leur tour, augmentent la complexité de ce champ. Cela veut-il dire maintenant qu'il ne faudrait plus utiliser du tout des méthodes nationales et, le cas échéant, comment pourraient-elles être remplacées ? D'une manière générale, plus les méthodes proposées aux participants laisseront la place à l'initiative individuelle, à la diversité des compor-tements et des démarches intellectuelles, plus elles seront appropriées. Plus elles impliqueront un mode d'emploi contraignant qui, entre autres, sanctionne les écarts", plus elles seront réductrices. On ne saurait trop conseiller aux équipes d'animation de faire cas par cas l'analyse en ce sens des activités et exercices envisagés lors d'une rencontre. Se poser ces questions est souvent déjà une bonne sensibilisation à une autre approche des méthodes". Les méthodes de découverte actives" vont généralement dans cette direction : les enquêtes et rallyes, les informa-tions préparées en petits groupes permettent à un grand nombre de participants de choisir la forme et le degré d'implication dans le travail proposé, ce qui de plus rend les travaux de groupe bien plus significa-tifs et peut éventuellement permettre à un petit nombre de participants, qui en éprouve le besoin ou le désir, de faire une contribution "déviante". Des méthodes nationalement marquées peuvent, si elles sont volontai-rement utilisées à cet effet et évaluées avec précision et nuances, aider à mettre en évidence des différences entre les groupes nationaux en présence et donc favoriser une meilleure compréhension réciproque. Mais cela suppose un dispositif dans lequel l'évaluation aura une très large place, afin d'éclairer aussi finement que possible les effets pro-duits et de tenter d'en comprendre les raisons. Pour conclure : en dehors du fait que les méthodes utilisées dans les échanges de jeunes pour promouvoir des apprentissages internationaux et interculturels ne sont pas neutres culturellement, elles se caractérisent presque toutes par le fait qu'elles visent à transmettre ou à obtenir des informations sur ce qui est à l'extérieur" des individus et des groupes en présence, cet extérieur étant notamment constitué par l'autre culture, mais aussi par la culture d'origine avec son environne-ment. Il serait souhaitable de travailler davantage à développer des méthodes appropriées permettant de mettre en évidence les connais-sances et attitudes des participants en intériorité". Pour comprendre les évolutions d'une autre culture, il est important de connaître les fon-dements des apprentissages nouveaux à promouvoir. Les approches favorables à cette expérience de soi et à sa mise en évidence devraient mettre à contribution les méthodes projectives. |