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I - La communication
Lorsque des difficultés surviennent dans une rencontre interculturelle de groupe, le premier diagnostic généralement avancé est celui des difficultés de compréhension linguistique. Quelles solutions s'offrent aux praticiens des échanges en vue d'assurer une communication ? D'autre part, si les praticiens sont sensibles à la dimension interactionnelle de la communication dans un groupe binational, comment apprécier l'importance respective des variations individuelles, culturelles, linguistiques, nationales ? Les enseignements traditionnels de la dynamique des groupes, faisant l'économie de ces variables, ne sont que d'un apport limité dans une situation de groupe binational ou plurinational. Comment donc s'articulent les trois approches contenues dans la problématique : le problème linguistique, la question nationale et la situation groupale sous l'aspect privilégié du pouvoir. Ces différents niveaux s'enchevêtrent et ne sont certainement pas tous nommés. Nous ne les séparerons que pour la clarté de l'exposé.
1) Les présupposés de la communication Avant d'entamer cette étude, il nous faut faire état des présupposés existants, dans de tels groupes, sur la communicabilité, car cette position structure largement toute la dynamique des rencontres. La communication est-elle un cas particulier du malentendu, ou bien la volonté de communiquer alliée à une certaine technicité suffit-elle ? Il nous semble éclairant que le mot Kommunikation puisse se traduire dans un grand nombre de cas par dialogue. Le mot dialogue ne signifie pas seulement qu'il y ait échange de messages entre deux locuteurs, mais il implique que les messages sont entendus et que la communication passe. Il faut citer ici la grande influence du modèle duel, développé par Martin BUBER dans ses travaux philosophico-religieux, modèle selon lequel le couple verbal je/tu est premier. Pour Martin BUBER, qui s'est beaucoup préoccupé de la réconciliation entre Juifs et Arabes comme entre Juifs et Allemands, toute communication trouve son origine dans la relation mère-enfant. La symbiose originelle se différencie en deux sujets je/tu. Elle ne perd jamais sa qualité identificatoire (M. BUBER, La vie en dialogue, Ed. Montaigne, Paris, 1959). A la conception du dialogue de M. BUBER, on peut par exemple opposer celle de Paulo FREIRE pour qui le dialogue repose sur la reconnaissance de l'altérité selon l'équation : non moi + non moi = deux tu qui se fondent sur leur rapport au monde. Le dialogue est alors une pratique de transformation du monde (Paulo FREIRE, Pédagogie des opprimés, Paris, Maspéro, 1980). BUBER fait reposer la communication sur l'identification, FREIRE sur l'altérité. Si pour l'un la confiance est donnée d'avance, pour l'autre elle se construit grâce a une solidarité en actes, par rapport au monde. BUBER défend une conception philosophique, FREIRE une conception socio-politique, où le tiers est présent. Nous retrouvons ce modèle philosophique duel de la vie sociale dans la grande majorité des rencontres franco-allemandes. Or ce modèle omet cependant l'essentiel, c'est-à-dire le caractère social de l'énonciation d'une part, et aussi l'opacité des expressions individuelles. Il oublie aussi que souvent l'expérience est en avance sur la langue, que la création de néologismes est toujours en retard sur l'expérience, et qu'il ne suffit malheureusement pas de vouloir. Il existe une tyrannie de ce modèle de dialogue qui revient à n'entendre et ne comprendre que ce qui est de l'ordre du même, de l'identification ou bien d'apprécier, en termes moraux, les échecs de la communication. Or, s'il est vrai qu'il faille prendre en compte le caractère social de l'activité langagière, à plus forte raison faut-il tenir compte de son caractère national. Le commun dénominateur des différents parlers régionaux, sociaux, professionnels, idéologiques d'une langue est marqué par les réalités juridico-administratives et politiques, sociales, événementielles d'un état donné. La langue française que parle un Québécois, un Suisse ou un Belge est profondément marquée par ces réalités particulières. Les conditions de production du sens, en particulier la pratique sociale liée à une forme particulière d'Etat et, par conséquent, l'univers des significations ne sont pas les mêmes. L'exemple allemand est encore beaucoup plus probant entre l'ex-R.F.A. et l'ex-R.D.A. dont les habitants parlaient la même langue : les difficultés de dialogue sont importantes. On retrouve cela dans les rencontres d'aujourd'hui. Lorsque deux langues sont parlées dans une rencontre, ce sont bien celles de deux états qui ne sont pas forcément des nations (voir infra). Ainsi, un énoncé sorti de son contexte, des conditions de sa production risque contresens et non-sens, si l'on ne tient pas compte de ces conditions. C'est donc en langue académique officielle que l'on parle. Pourquoi ne pas autoriser l'expression des jeunes dans leur langue, celle de leur âge, de leur milieu... Les animateurs s'interdisent cette possibilité, pris comme ils sont dans la logique du faire ensemble, du parler ensemble binational. Cela supposerait de lever le tabou de la constitution de groupes nationaux, monolinguistiques, qui doivent pouvoir de façon régulière discuter de ce qui leur arrive et décider des articulations diverses entre le national et le binational, le monolinguistique et le bilinguistique, les parlers régionaux et l'usage des langues nationales dominantes. Enfin, le modèle philosophique et duel opère une dénégation des rapports de pouvoir, d'autorité, de violence inhérents à toutes les relations interpersonnelles, groupales, institutionnelles, intra- et internationales auxquelles est opposée, comme impératif catégorique, une volonté de transparence pour tous, au même moment. C'est le modèle commun de l'ensemble des institutions internationales d'éducation, de culture et de jeunesse. Par exemple si les jeunes des nouveaux Länder hésitaient parfois à s'engager davantage dans ces échanges, c'est peut-être qu'il leur était fait violence puisqu'ils sont généralement traités comme des Allemands de l'Ouest que les Français connaissent, alors qu'ils sont différents. Mais le recours confiant aux fonctions d'interprète continue à se pratiquer en toute innocence.
C'est ce qui se passe souvent dans les rencontres de jeunes. Cette conception est à elle seule l'une des difficultés majeures pour aborder la réalité des échanges interculturels. C'est elle qui structure actuellement de nombreuses rencontres. Elle représente bien la conception dominante des rapports sociaux basés sur le consensus 1) national, prévalant dans nos deux sociétés, extrapolé au niveau international. Nous constatons qu'il importe, avant tout, de dire ou de faire quelque chose, peu importe ce que l'on dit ou ce que l'on fait. Le silence est très souvent ressenti - sauf dans des moments de grande densité émotionnelle - comme une rupture. Parler ensemble est le premier sens de l'échange. La parole remplit une fonction de séduction. Il n'est pas rare que le discours d'un intervenant lorsqu'il est traduit par une autre personne soit perçu comme celui du traducteur, puis une différenciation s'opère. La sensibilité aux aspects para-verbaux et non-verbaux se développe et le traducteur est alors davantage perçu comme une personne qui ne pense pas forcément ce qu'il traduit et qui le dit à sa manière personnelle. On arrive progressivement à faire le départ entre les paroles et la musique (le sens des mots et le ton emprunté). C'est lorsque l'adéquation est bonne qu'on peut penser que le traducteur est l'auteur du discours. Cette sensibilité permet d'apercevoir que même ces expressions personnelles sont codées culturellement. Une pratique suivie de stages binationaux amène donc parfois une ouverture aux expressions émotionnelles, qui ne sont pas négligeables. Cette sensibilité est particulièrement à développer chez les monolingues qui se mettent à comprendre, sans avoir toujours besoin d'une traduction. Si l'on donne l'occasion à des monolingues de traduire (dans le sens le plus large du terme), c'est-à-dire d'exprimer ce qu'ils ressentent dans la situation, on constatera le plus souvent qu'ils se rendent parfaitement compte des enjeux du débat, largement au-delà du mot-à-mot. Il leur arrive alors de dépasser leur fixation aux bilingues, et plus généralement au primat du verbal et ils s'efforcent dans ce cas de saisir émotionnellement le sens plutôt que la signification. Ils se repèrent principalement aux signes para-verbaux (gestes, mimiques, intonations, interactions) et saisissent parfois avec plus de justesse le sens général de ce qui se dit que ceux qui comprennent tous les mots dans la langue utilisée. Le dépassement de la suprématie du verbal, la reconnaissance d'autres niveaux de la communication et l'acceptation de leur sensibilité représentent les conditions de leur autonomie. Cela suppose que l'on attache moins d'importance au cognitif. Actuellement dans la majorité des échanges internationaux de jeunes, l'approche sensible est délaissée. Nous pensons qu'elle est prioritaire et préalable pour développer solidarité et compréhension. Le cognitif viendra compléter un "savoir être" international ouvert aux différences. La conséquence de ce renversement des pratiques les plus répandues sera de rendre aux monolingues leur part de pouvoir à partir de leur sensibilité, sous-employée voire inhibée par le dispositif habituel d'animation et de traduction. L'animation, dans cette perspective, ne peut plus être considérée d'abord comme une fonction mais avant tout comme un savoir-être. Le caractère diurne et nocturne des débats de groupe mérite qu'on s'y arrête. Dans un processus expérimental, on découvre des choses qui existent d'une façon latente dans tout groupe, mais elles sont masquées par les démarches habituelles de l'animation, comme par exemple les horaires fixés par l'équipe ou négociés avec les jeunes. Beaucoup de problèmes, de difficultés rencontrées ont pour origine ce genre de faits. La recherche se doit de les repérer afin d'en tenir compte dans la connaissance de ces groupes. N'est-il pas dommage que les programmes fixés à l'avance empêchent de tenir compte des rythmes propres de vie des groupes de jeunes ? Par exemple : la propension de certains groupes franco-allemands (entièrement maîtres de leurs horaires) à se réunir nuitamment permet-elle de penser qu'il y a des thèmes plus particulièrement diurnes ou nocturnes ? Si, d'un côté, les énoncés sont généralement d'un niveau élaboré, par volonté d'adéquation à la langue apprise de l'interlocuteur, si par ailleurs la situation bilingue permet l'éveil d'une sensibilisation expressive, la nuit ne correspondrait-elle pas au désir inconscient de fusion symbolique ou de gestation ? Ce serait l'essai renouvelé de faire sortir le clair de l'obscur et de tenter de faire succéder le jour à la nuit. La nuit est, de plus, maternelle; c'est le dedans, c'est le règne de l'énigme.
2) L'approche linguistique La situation dilingue 2), voire multilingue, qu'il s'agisse de langues de civilisations, mais aussi des différents parlers d'une même civilisation, permet une méthode d'approche du sens. A ce titre, au lieu de considérer les problèmes linguistiques comme un handicap, nous aurions tendance à y trouver des ressources d'apprentissage, puisqu'ils permettent de travailler sur les présupposés cachés par les différents types d'énoncés. Dans un projet international, où la question du sens est la première, c'est donc un atout. Quelles sont, alors, les conditions dans lesquelles cet atout peut être développé ? Comment faire jouer les recours 3) possibles dans un ou plusieurs systèmes linguistiques qui permettent à un groupe de créer du sens ? Dans tous les cas, intralingualement ou interlingualement, il s'agira toujours de traductions. La situation multilingue permet l'éclosion d'une sensibilité à la polysémie 4) qui aide les participants à se sensibiliser à la notion de recours substituables, les uns aux autres, lors d'un échange verbal dans un groupe (mono ou bilingue); c'est ce qui se manifeste, par exemple, lorsqu'un participant intervient pour demander la traduction d'un discours émis dans sa propre langue. En ce sens, le langage peut être considéré comme un instrument de traduction. Traduction des ressentis, des évaluations, des conceptualisations. Traduction du réel dans des gloses variées selon les disciplines des sciences humaines, variées selon les individus, la situation du groupe (rationalité, émotion...). Afin de laisser émerger tout cela, il est évident qu'aucun dispositif de traduction systématique ne saurait être mis en place (ni celui du traducteur, ni celui de l'animateur) car il empêcherait toutes les interactions en aplatissant, réduisant les recours au bénéfice du seul dispositif mis en place. Prenons un exemple : chacun a déjà participé à un débat avec traduction consécutive. Que se passe-t-il ? On ne s'adresse qu'au traducteur qui devient le centre des interactions. Plus aucun regard à d'autres personnes. Lorsque l'on parle, on ne sait plus à qui on s'adresse, à un autre participant ou au traducteur, et rapidement tout se centre sur le traducteur. Le dispositif aplatit toutes les autres interactions. De plus, ce que le traducteur dit est considéré comme l'exacte traduction des interventions. Personne n'ose corriger celui qui est investi de la fonction de traduction. Le sens lui aussi s'aplatit. Oser expérimenter sans se figer par un dispositif rigide de traduction, souvent fort coûteux, nous semble un premier pas nécessaire : ne pas se fier à un seul bilingue, encourager tous les bilingues à s'aider pour traduire, même si l'on pense "perdre du temps". Pourquoi fait-on des rencontres, pour aller vite ou pour créer du sens ? Nous prendrons la traduction comme analyseur de la communication interculturelle en tant qu'interférence de deux systèmes linguistiques, voire de deux visions du monde (voir infra, le fait national) dans la situation de rencontre, c'est-à-dire groupale, c'est-à-dire dans une assemblée comprenant deux groupes nationaux et quatre groupes linguistiques distincts : les monolingues français, les monolingues allemands, les bilingues français, les bilingues allemands. Un monolingue français peut être une personne ne parlant certes pas l'allemand mais parlant l'arabe, l'espagnol ou le provençal et le français ou simplement le français. Et quel français ? C'est par facilité que nous parlerons dans la suite de monolingues ou de bilingues mais nous soulignons ici que chaque individu a un rapport singulier à la langue et aux langues. Du côté allemand s'ajoute aujourd'hui la question de l'ex-R.F.A. et de l'ex-R.D.A. On observe que les rencontres franco-allemandes ont développé un jargon spécifique franco-allemand et que la tentation du pidgin 5) est grande. Des termes tels que "team" (équipe), "feed-back" (rétroaction), "plenum" (assemblée générale) sont repris de l'allemand qui les avait lui-même empruntés au latin et à l'anglais. Les termes "d'animation" (dont il n'existe pas d'équivalent unique en allemand), "analyse institutionnelle" sont repris du français. Ces quelques exemples ne permettent certes pas l'établissement d'une hypothèse fondée, mais pourtant la contribution à la création de ce jargon est sensiblement différente. Si les termes français sont utilisés en France même, les emprunts ne le sont pas, alors que les emprunts au français sont utilisés en Allemagne. En distinguant ces deux situations, nous risquons une interprétation selon laquelle la langue allemande est plus ouverte aux influences extérieures que la française. L'ensemble de ces observations représente les avatars de la conception du dialogue possible. Sans tomber dans la thèse de l'incommunicabilité, tout aussi peu réaliste, il nous semble qu'en suivant les phénomènes de la traduction même, nous y verrons un peu plus clair. Il n'y a donc pas, dans nos programmes expérimentaux, de dispositifs systématiques de la traduction (au sens le plus large). Ce sont les bilingues qui assureront, au gré de la dynamique du groupe, cette fonction entre les deux langues. Dans une même langue, ce seront tous les participants de l'un des deux systèmes linguistiques. Tout d'abord, il nous faut démythifier le bilinguisme. En effet, existe-t-il des personnes qui ont une double pratique sociale globale dans tous les domaines de la vie ? Certainement pas. La clôture des systèmes linguistiques, conséquence de l'appartenance nationale évoquée plus haut, n'est heureusement pas étanche grâce à l'existence des bilingues, auxquels pourtant il ne faut pas trop demander. De même, il est rare qu'un monolingue ne dispose pas de quelques compétences minimales, parfois à son insu. Il existe donc une série continue de compétences permettant de multiples recours. Ce sont ces recours qui doivent être étudiés : les changements de langues, les traductions et non-traductions, les constellations dans les sous-groupes, leur composition linguistique, nationale, idéologique dans la dynamique de l'ensemble. Comme on ne peut pas parler les deux langues à la fois, nous avons affaire à deux chaînes parlées, alternatives et non identiques, avec des points de contacts : les traductions. Elles sont non identiques parce qu'elles renvoient à un contexte différent. Le changement de langue signifie souvent changement d'approche, voire changement de thème de débat. La difficulté éventuelle de la traduction consiste justement à opérer un transfert culturel qui ne peut être réalisé qu'au terme d'une "ethnographie réussie", selon l'expression de Jean-René LADMIRAL 7). Avant de pouvoir traduire d'une langue à l'autre, si l'on ne veut pas se satisfaire d'un mot-à-mot qui le plus souvent ne fait pas sens, il faut appréhender, à la manière de l'ethnographe, ce qui est de l'ordre des cadres de références de la langue de départ et de la langue d'arrivée, c'est-à-dire les valeurs, les pratiques qui s'attachent à l'énoncé. Les bilingues n'ayant pas forcément accès à tous les domaines de la vie de l'autre culture, peuvent faire des non-sens (indice : traduction mot-à-mot) ou des contresens. L'ennui, c'est que le modèle duel jouant à plein, l'on préfère le remplissage creux au silence. De plus, le bilingue exerçant un pouvoir de par son bilinguisme, peut difficilement concéder une telle perte de performance. Il est patent qu'une intervention indiquant que l'on n'ait rien compris est plus courante en tant que marque de désapprobation que de réelle incompréhension. Cependant, les non-traductions, si elles peuvent aussi être l'expression d'autres enjeux non linguistiques, marquent la trace des ethnographies non réussies et de la clôture. Or, évidemment, c'est justement à cet endroit précis où se manifeste l'incapacité de repérer le lieu de l'énonciation pour pouvoir traduire, que le travail d'explication et d'élucidation serait le plus nécessaire. La prévalence du modèle duel sur la communication interdit de faire apparaître les ruptures de sens. Or, l'apprentissage de la communication passe par l'acceptation de la non-compréhension. Le discours est pour la recherche plus intéressant dans ses non-dits, ses aphasies, que dans la traduction sans problème d'un discours élémentaire, se voulant universel. Cela devrait avoir des répercussions sur le style d'animation. Comment s'effectue cette prise de conscience ? Lorsqu'il est avancé, sous forme de reproche, que l'une des langues "domine" l'autre (ce qui renvoie à l'impératif catégorique d'égalité des chances), on peut y voir une première approche du niveau national où, en effet, le linguistique est assimilé au national, ce qui n'est pas faux. La situation d'asymétrie est inhérente à la situation même. Elle n'est acceptée que tant qu'elle peut être contrebalancée par une asymétrie dans l'autre langue. Qu'elle soit liée à des problèmes de pouvoir, c'est indéniable, et c'est souvent ressenti comme tel. Aucune relation n'étant actuellement symétrique ni paritaire, ni égalitaire ni surtout équitable dans ce que l'on nomme la "communauté internationale" ou "européenne" (en dépit des dénégations de toutes sortes), il est impossible de trouver, comme le prescrit le discours de la solidarité ou de la coopération internationale, un équilibre permanent. Pour l'atteindre, encore faudrait-il prendre en compte les "différences" voire les "inégalités", les "injustices" mais aussi les contradictions et les rapports de domination. Hésitant à entrer dans le risque des conflits, la prise de conscience reste bloquée.
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