Arbeitstexte de travail

Les cultures d'entreprise et le management interculturel

Jacques Demorgon, maître de conférences aux
Universités de Bordeaux, Reims, Paris VIII et Compiègne

Sommaire

V. La valse des modèles au coeur de la Triade


1. Un modèle japonais en panne ou un Japon plus complexe ?

Dans la dernière décennie du vingtième siècle, on le sait, l'économie japonaise connaît elle aussi une crise. La constitution puis l'éclatement de la bulle spéculative a entraîné une perte de confiance des épargnants.

La mobilisation lente et trop peu efficace de l'Etat lors d'un tremblement de terre, les crimes commis par une secte dans le métro de Tokyo, le début du chômage, tout cela ternit l'image de la société japonaise. De ce fait, les explications de la "réussite" antérieure en terme de culture favorable se sont faites silencieuses.

Dans "Le dernier état du monde" (Le Monde, dossiers et documents, mai 1996) Alain Vernholes écrit : "Beaucoup d'entreprises se restructurent et délocalisent leur production à l'étranger pour bénéficier de coûts plus faibles. Il en résulte des comportements nouveaux : certaines catégories de travailleurs, les intérimaires et les femmes surtout, commencent à subir les rigueurs des plans de licenciement. Le taux de chômage avoisine maintenant 3,5 % de la population active alors même que beaucoup d'étudiants diplômés n'arrivent plus à trouver de travail".

Pour sa part, Laurent Zecchini montre de nouveaux différends commerciaux : "Les compagnies japonaises, comme Toyota, accentuent leur implantation aux États-Unis sans que, en contrepartie, les constructeurs de Détroit aient beaucoup élargi leur accès au réseaux de distribution japonais. La pénétration commerciale d'Eastman Kodak au Japon est en butte au quasi monopole de Fuji. Les questions du transport aérien, des télécommunications, de la protection des oeuvres musicales, enfin les renouvellements de l'accord sur les semi-conducteurs, constituent autant de pommes de discorde potentielles". C'est d'autant plus vrai que les États-Unis semblent avoir retrouvé des conditions plus favorables.

Si l'on cherche à comprendre, plus rigoureusement et plus en profondeur, le devenir de l'économie japonaise, on ne peut y parvenir que si l'on met en évidence le jeu permanent de la culture et des stratégies. Il convient de partir au moins de la stratégie de fermeture du Japon aux étrangers inaugurée par les grands dirigeants japonais que furent Hideyoshi et Tokugawa Ieyasu. Cette fermeture de deux siècles et demi induira la fréquence et la prégnance de certaines conduites. Particulièrement, l'orientation implicite de la communication. Pendant cette période, de relatif abri, le Japon pourra faire différents progrès qui représenteront, par la suite, une base positive, lors de l'industrialisation. La sociologue japonaise, Nakane Chie souligne deux de ces conditions héritées de la période Tokugawa. La première peut être trouvée dans la qualité exceptionnelle des paysans. En effet, en dépit des concentrations de la propriété rurale, ceux-ci gardèrent "la possibilité, quel que soit leur statut, de cultiver leurs terres comme ils l'entendaient. C'est l'habileté et le sens de l'organisation de cette main-d'oeuvre qui rendirent possible son transfert rapide vers l'industrie naissante. Les paysans n'avaient pas subi les effets pervers de la prolétarisation agricole. Ils sont devenus des ouvriers aptes à exercer des responsabilités". De plus, selon l'auteur, les paysans ont aussi contribué à maintenir la valeur sociale du travail manuel. Ils ont aussi gardé leurs capacités communautaires héritées de leur esprit rural antérieur. Ils purent ainsi résister aux désagrégations propres au milieu urbain dans la mesure où ils furent capables de maintenir des regroupements selon leurs traditions. Pour l'auteur, l'autre condition fondamentale sera la qualité du système bureaucratique. Pendant l'ère Tokugawa, les Samouraï (Bushi) ont cessé d'être des guerriers et sont devenus des administrateurs. Ils font partie de l'équipe d'administration d'un seigneur féodal. Loyaux sujets, ils peuvent même bénéficier d'une charge héréditaire. Leur efficacité d'hier s'est convertie mais maintenue dans ce nouveau contexte. Pour la sociologue japonaise, les progrès technologiques, les transformations économiques n'ont pas altéré ces données culturelles fondamentales. C'est, pour elle, "la véritable raison du succès du processus d'industrialisation au Japon".

Cette analyse apparaît confirmée dans la mesure où, au lendemain de la deuxième guerre mondiale, les tentatives irréfléchies d'application du taylorisme au Japon donnèrent lieu à des violences extrêmes jusqu'en 1960. Le taylorisme mettait en oeuvre comme un asservissement du salarié, définitivement limité à la non qualification d'un travail morcelé quant à la tâche et isolé. C'était incompatible avec les traditions de relations interpersonnelles japonaises.

Une autre conception du travail fut expérimentée. Elle mit en oeuvre de petites unités de travail, qui était chacune, responsable d'une tranche de fabrication. L'équipe était responsable de ses cadences et mettait en valeur ses qualifications. Ce fut le toyotisme, système inventé dans les usines du groupe Toyota. Alors que le taylorisme, transformait l'homme en robot, les équipes, dans le toyotisme vont être, par la suite, directement servies par les robots. Mais la qualité de la paysannerie japonaise ne profita pas seulement à l'industrie. Elle fut également la base des performances de ceux qui restaient à la campagne. Ils parvinrent à accroître considérablement les rendements (Études et recherches, 1990, Coriat 1991). Et cela était indispensable puisqu'ils étaient en moins grand nombre.

Ces premières réussites ne furent cependant pas suffisantes dans la mesure où les gouvernants souhaitèrent accélérer le rattrapage de l'industrie occidentale. Après une restauration impériale, certains acteurs choisirent de brusquer l'unification et le rattrapage par un dirigisme qui entraîna finalement le fascisme. Celui-ci pour se maintenir fut entraîné dans une ambition internationale démesurée, ce qui conduisit le pays à la défaite au cours de la deuxième guerre mondiale.

Le Japon qui s'était lui-même imposé la révolution industrielle, se vit alors imposer la révolution politique par les vainqueurs. Toutefois, cette première pratique de la démocratie, qui engendra d'abord des divisions importantes, fut corrigée par des stratégies d'intégration des entreprises. Les affrontements politiques furent progressivement réduits sur la base d'un renforcement de la prise en compte par les entreprises de la sécurité des travailleurs.

Symétriquement, par le haut, les entreprises et l'Etat instituèrent une solidarité d'intérêt dont l'instrument bien connu fut le fameux M.I.T.I.

La réussite économique japonaise apparaît comme un phénomène extrêmement complexe, constitué par un passé de décalages et d'avancées, de fiertés et d'humiliations, un présent comportant un intense travail, des négociations, des ajustements et des bénéfices. Tout au long de ce développement, un futur imaginé se réalisait et contribuait à produire chez les Japonais une motivation forte et régulière liée à la fierté nationale.

Par la suite il y a eu conjonction d'erreurs japonaises (la bulle spéculative) et contre-offensives économiques internationales et plus spécialement américaines. Le résultat est que le Japon reste à la recherche d'un nouvel équilibre entre ses bases culturelles privilégiées et les nécessaires inventions stratégiques pour répondre aux nouveaux défis, aux nouvelles contraintes.


2. Un modèle américain retrouvé !

Dans "L'avantage concurrentiel des nations", publié en 1990, à New York, Michael E. Porter brosse d'abord un portrait critique de l'économie des États-Unis : "leurs positions régressent dans beaucoup d'industries ; les objectifs des entreprises et des individus ne s'inscrivent plus dans le long terme ; la concurrence s'est relâchée ; l'écart de niveau de vie entre les actifs instruits et qualifiés et les autres s'amplifie ; les entreprises se tournent vers le gouvernement fédéral pour qu'il allège la pression concurrentielle, amorçant ainsi la spirale de l'assistance. La tonalité générale n'est plus à l'offensive mais à la défensive". On se rappellera au même moment une autre publication, celle du "rapport choc du MIT", intitulé : "Made in America. Pour une reprise de l'initiative industrielle".

Toutefois, M. E. Porter hésitait. Après les précédentes remarques, il poursuivait de façon un peu plus optimiste : "les appuis d'une forte compétitivité ne manquent pas aux États-Unis : Universités de haut niveau, demande exceptionnelle dans certains domaines, aptitude à prendre des risques, constance dans la création d'entreprises nouvelles, pressions démographiques appelant des gains de productivité... la vitesse de l'évolution technologique promet de procurer de belles opportunités à l'inventivité et à l'esprit d'entreprise américain".

En 1996, plusieurs auteurs dressent désormais un bilan positif. Les États ont retrouvé le chemin de la croissance. Le chômage est d'abord retombé à 5,6 % puis même en dessous au point que l'on parle presque parfois de sa disparition.

Erik Izraelewicz peut écrire que "ce retour de l'Amérique...concerne...toutes les industries". Il souligne le contrôle du marché mondial du pétrole, la forte influence américaine sur le marché des produits alimentaires, une large avance dans l'internationalisation de leur industrie. Selon l'administration japonaise, "la production des entreprises, sous influence américaine, réalisée hors du territoire des États-Unis, représente plus de 25 % du P.I.B. américain. Cette proportion ne serait que de 10 à 15 % pour les Européens, de 6% pour les Japonais".

L'auteur ajoute encore, ce qui est pour lui le plus déterminant : "la véritable domination mondiale acquise par les Américains dans les industries du XXIe siècle : la finance, le multimédia et les industries culturelles. Les signes de l'avance américaine sont multiples. Les États-Unis ont une véritable politique industrielle : Al Gore et son projet sur les autoroutes de l'information suscitent l'envie des Japonais et des Européens. Ils ont la technologie. Ils sont en train de se constituer les groupes industriels puissants : les Microsoft, Time Warner, etc. Ils multiplient les expérimentations et disposent déjà d'une infrastructure importante."

En ce qui concerne la consommation interne, E. Izraelewicz (1996) note que 40 % des ménages américains possèdent un ordinateur personnel contre 10 % en France. Il précise encore que, professionnellement, la moitié des cadres américains utilisent quotidiennement leur P.C. contre moins de 10 % au Japon.

L'auteur conclut à la réussite américaine dans le domaine de l'emploi. Il rappelle la référence libérale reprise comme un credo : "Aux États-Unis, chacun cherche à se donner son emploi, alors qu'en Europe comme au Japon, l'emploi est donné par des institutions".

On est bien là en présence d'un modèle culturel qui, avec ses zones d'ombres, de misères et de conflits ethniques, semble pouvoir cependant corriger son précédent affaiblissement de puissance économique.


3. La crise du modèle allemand

Depuis un demi-siècle, l'Allemagne s'est engagée dans la voie d'une nation-marchande démocratique, en concurrence économique généralisée. Nous avons vu précédemment avec les travaux de Maurice Bommensath, de Michel Albert, de Robert Boyer, les points forts de la variante rhénane du "capitalisme social-démocrate".

Le passage de l'Empire soviétique à la "Communauté d'États indépendants" ou "Russie", ancien empire et nation-marchande balbutiante, a permis la réunification des deux États allemands. L'Allemagne est ainsi conduite à une politique d'assimilation des ex-Allemands de l'Est. Elle peut être en mesure de réussir ici un nouvel équilibre unité-diversité. D'une part, en raison de sa position géographique plus centrale en Europe. D'autre part, en raison de sa position économique également plus centrale dans l'actuelle phase de mondialisation.

Mais bien entendu, comme l'écrit Claude Chancel "les entreprises allemandes n'échappent à la multitude des problèmes actuels : la réduction des coûts, la mondialisation de l'économie, la mise à niveau de l'Allemagne de l'Est, l'avenir du site de production Allemagne, la recherche dans les nouveaux secteurs, les difficultés de la protection sociale et celles dues à la réévaluation du Mark" (Chancel, 1996). Au point d'avoir même, dès les années 1994-1995, envisagé l'institution d'un "Ministère de l'avenir". Une stratégie à long terme privilégiant la recherche est souvent mise en oeuvre. "Siemens, par exemple, consacre 11% de son chiffre d'affaires à la recherche contre 1% chez Général Electric". Mais désormais, on a pu constater qu'en relative opposition avec la philosophie de l'économie sociale de marché, certaines entreprises allemandes ont choisi un nouveau durcissement de leurs stratégies. Celui-ci entre en contradiction avec les intérêts de leurs employés. Par exemple, les investissements de Mercedes Benz s'étaient jusqu'ici toujours effectués dans le Bade-Wurtemberg. Le choix d'un site lorrain pour l'implantation de l'unité de montage de la Swatchmobile a été dénoncé par I.G. Metall comme "une gifle aux syndicats et aux salariés de Mercedes".

Claude Chancel souligne trois raisons vraisemblables d'un tel choix : "des salaires français inférieurs de 20 % à 30 % aux salaires allemands, un taux d'absentéisme plus faible à l'ouest du Rhin et l'aide des pouvoirs publics (État français et collectivités locales)". Voilà, selon lui, "ce qui a fait la différence" (Chancel, op. cit., p.257).

Le gouvernement allemand s'est engagé dans un plan de rigueur comportant nombre de régressions sociales -dont certaines liées aussi à la situation démographique- comme la fixation à soixante cinq ans de l'âge du départ à la retraite pour les hommes et la perspective d'une mesure semblable pour les femmes. Citons encore la diminution des indemnités versées en cas de maladie, la non revalorisation des indemnités chômage, l'assouplissement de la législation sur le licenciement, l'acceptation des contrats à durée de plus en plus limitée (18 mois). Jacques Pierre Gougeon le précise, selon les termes mêmes du Chancelier Kohl, "il y aurait plus d'emplois en Allemagne si le coût du travail était plus bas" (Gougeon, 1997). Le modèle de l'économie sociale de marché est d'ailleurs diversement mis à mal. Selon les données réunies par l'Institut de recherche économique de Berlin, en 1995 : 12,3 % de la population allemande relèverait de la pauvreté ; 25,4 % serait à la frange entre la pauvreté et la partie inférieure de la classe moyenne.

J.P. Gougeon cite la série révélatrice des titres de la presse allemande : "Un modèle dans la misère" (Die Zeit, 15.03.1996), "Le modèle allemand vacille" (Die Woche, 19.04.1996), "L'Allemagne, un modèle dépassé" (Süddeutsche Zeitung, 13.04.1996), "Le modèle allemand d'harmonie entre le capital et le travail touche-t-il à sa fin ?" (Der Spiegel, 29.04.1996), "Le modèle allemand du consensus va-t-il s'effondrer devant la concurrence internationale ?" (Die Zeit, 23.06.1996).

En France l'interrogation est la même dans les journaux, les hebdomadaires. Les revues spécialisées, Allemagne d'aujourd'hui ou Documents y reviennent constamment. "Le modèle allemand fin ou recommencement ? " interroge le n° spécial de Documents du premier trimestre 1996.

J.P. Gougeon conclut : "Confronté au double choc de l'unification et de la mondialisation, le principe de solidarité est chancelant." En 1996, le gouvernement fédéral a jugé nécessaire de "supprimer l'impôt sur le patrimoine". L'Institut de recherche économique de Rhénanie Westphalie a démontré que le financement de la réunification avait été davantage assuré par les revenus moyens que par les revenus élevés.

Dans ces conditions, l'image actuelle convenue des conduites syndicales allemandes, surtout comparée à celle convenue des conduites syndicales françaises a été entamée quand on a pu voir, le 15 mai 1996, environ 350 000 personnes manifester à Bonn sous l'égide de la Confédération des syndicats allemands.



4. Stimulants et sacrifices : l'éthique introuvable

Nous devons de nouveau ici éviter l'erreur fondamentale d'attribuer tantôt beaucoup trop et tantôt presque rien aux bases culturelles dans les stratégies. Tout ce que ces bases culturelles ont apporté au "miracle" de reconstitution et de développement du capitalisme allemand, elles ne l'ont pas fait par elles seules. Elles l'ont fait dans un cadre circonstanciel. Un tel cadre ne cesse d'évoluer en fonction même de ses réussites et de ses échecs. Les réussites du capitalisme allemand comme celles du capitalisme japonais pouvaient difficilement manquer de susciter des réactions du capitalisme anglo-saxon. C'est là où l'on s'aperçoit que nous connaissons des formes détournées de guerre ou, comme dans toute guerre, les populations sont souvent prises en otage. Nous le savons aujourd'hui, au plan militaire, avec les embargos qui frappent l'Irak ou Cuba. Nous sommes en train de l'apprendre, au plan économique, avec les délocalisations. Mais celles-ci obéissent désormais non plus à des stratégies nationales mais à des stratégies d'entreprises. Une telle logique nouvelle des acteurs du secteur économique défie les acteurs des autres grands secteurs, politique, religieux, informationnel.

Mais sur ces problèmes, les divisions nationales, les divisions idéologiques, les divisions religieuses, les divisions syndicales n'ont pas permis jusqu'ici de constituer des rationalités aussi simples que la rationalité entrepreneuriale des économies d'échelle pour un accroissement des ventes (et des bénéfices) par une réduction des prix.

La pensée morale est ici particulièrement en retard puisqu'elle ne dispose d'aucune élaboration théorique concernant la dynamique jusqu'ici purement auto(dés)organisationnelle des stimulants et des sacrifices au plan mondial. On est frappé pourtant de voir comment s'exprime un consultant japonais exerçant en Allemagne depuis 1989. Il s'agit de Minoru Tominaga (à ne pas confondre avec Kenshi Tominaga dont nous avons présenté les travaux ci-dessus). Dans une demi-page de Die Welt (28.07.1995) il trouve "le maître allemand devenu gras et paresseux". Claude Chancel résume la suite : "la qualité de l'accueil de la clientèle et le suivi des dossiers laissent à désirer dans les entreprises allemandes... On peut s'interroger sur "les plus longs congés en relation au temps de travail hebdomadaire les plus courts... les charges salariales et les salaires les plus élevés pour les champions du monde des congés maladie du vendredi ou du lundi... Les Japonais ont été surnommés "les Allemands de l'Asie". Mais aujourd'hui "l'organisation du commerce, comme celle de la distribution est paralysante. La production manque de flexibilité. Et les travailleurs, les cadres en tête, ne s'impliquent pas assez dans le processus productif, lequel ne sait pas s'adapter aux besoins de la clientèle" (Chancel, op. cit., p.259).

Dans un entretien, le Japonais Minoru Tominaga, estime qu'en Allemagne, "la paresse des Allemands" est une cause importante de leur chômage : "ils se contentent de récolter le fruit du travail des générations précédentes". Les choses ne pourraient s'améliorer que si les Allemands cessaient d'avoir peur du travail collectif et du changement. Claude Chancel conclut que : "si cet entretien n'était pas paru en plein été, nul doute que cette présentation des Allemands, qui contredit des idées reçues, aurait eu l'effet -peut-être salutaire- d'une douche glacée sur l'opinion allemande" (Chancel, op. cit.. 259).

On voit combien nous sommes là au coeur d'une problématique interculturelle nullement explicitée. Comme on s'en doute l'échange objectif est ici particulièrement difficile. Il faudrait travailler sur tout un ensemble de données historiques et actuelles pendant que de toute façon, la guerre économique continuerait. On sait que le défi japonais s'est exprimé par une volonté de qualité éliminant toute erreur. Le but est d'obtenir : zéro panne, zéro défaut, zéro stock, zéro papier, zéro transport, zéro surproduction. Dans le domaine de la construction automobile, une étude qui croise qualité des produits et qualité des services situe Honda en tête puis Toyota puis Citroën. Les autres firmes leur étant inférieures (Sources : European Custom Survey, publication dans le Magazine allemand Capital et dans La Tribune des fossés du 10 mai 1995). Par contre, on sait moins que cette qualité est, paraît-il, réservée à l'exportation. Les défauts des voitures japonaises sont déjà plus nombreux pour le marché intérieur et plus encore pour l'exportation dans les pays sous-développés.

 

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